Paris
10/06/2005 -
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" La blague a ses limites" convient Vitalic, alias Pascal Arbez, qui a pris le pseudonyme de Vitalic uniquement pour sa consonance. "J’avais alors très envie de créer le personnage d’un film réaliste un peu triste, l’Ukraine lui donnait un côté à la fois exotique et crédible." Jusqu’à cette année, beaucoup y ont cru. En Grande-Bretagne, Vitalic donnait des interviews en anglais tout en prenant un fort accent russe et racontait son épopée. Ses proches étaient tenus au silence si un journaliste tentait d’en savoir plus.
Daft Punk, la révélation
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C’est à côté de Dijon, la capitale de la moutarde, que vit Pascal Arbez. C’est là que tout a commencé. En 1995, lors d’un live des Daft Punk dans cette ville, c’est la révélation. Il a 17 ans, s’achète quelques synthés Roland et commence à composer. L’année suivante, il produit un premier maxi, sous le nom de Dima, pseudo qu’il utilisera jusqu’en 2000. Dans le même temps, il a créé son label avec quelques amis, Citizen Records.
S’il n’a pas pratiqué le trubcka ukrainien, Vitalic a une expérience du trombone, instrument dont il a joué à partir de l’âge de 8 ans jusqu’à ce live des Daft Punk. "Mais être musicien n’est pas toujours un atout pour faire de la musique électronique : à moins d’être un très grand musicien, on n’a pas trop tendance à vouloir casser les règles." Justement, la techno s’est progressivement enfermée dans de plus en plus de règles, "elle s’est trop codifiée, alors qu’elle est avant tout une musique d’expérimentation." Sur ce premier album intitulé OK Cowboy, Vitalic a tenté d’échapper aux règles du genre. La construction des morceaux utilise parfois la structure couplet-refrain, apparaissent çà et là des références à des musiques populaires (fanfares, polka…), mais surtout Vitalic n’hésite pas à reproduire guitares, cuivres ou batterie, uniquement à partir de ses machines. Sur cet album, tout est électronique, il n’y a ni instrument acoustique, ni sample, contrairement à ce que l’on croit entendre. " La distinction entre musique électronique et musique acoustique n’est plus très importante, ce que je veux, c’est créer un effet de doute."
Un album attendu
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Qu’écoute Vitalic aujourd’hui ? "C’est par périodes. Ces derniers mois par exemple, entre la sortie de mon album, les lives et plusieurs remixes, je ne me suis pas trop tenu au courant. C’est plutôt la musique qui est venue à moi. Mais cela fait longtemps que je n’ai pas eu de grosse révélation." La dernière, c’était Wim Mertens, un compositeur belge de musique classique répétitive. Mais Vitalic cite quand même volontiers Fisherspooner, LCD Soundsystem, The Rapture ou Bloc Party. D’avantage de guitares que de boîtes à rythmes donc.
Depuis 2001, son premier album se faisait un peu attendre… " On me disait : il faut le sortir rapidement, sinon, le buzz va retomber. Mais j’ai préféré faire mon disque quand j’en avais envie et quand j’avais des choses à exprimer." Il y a aussi eu quelques questions juridiques à régler pour quitter le navire International Deejay Gigolo. Après le Poney E.P., Vitalic a beaucoup voyagé pour se produire en live un peu partout, au rythme d’un par semaine. Un live musclé, dont la pression ne descend pas d’un cran, abandonnant un public épuisé mais heureux… Car Vitalic est un homme de live, il n’a d’ailleurs jamais été DJ et cela ne le tente pas. Il peaufine, fait évoluer et améliore constamment sa prestation. Cet été, il sera sur la route des festivals : les Eurockéennes dans l’Est de la France, le Dour Festival en Belgique, Fuji Rock au Japon ou encore Dance Valley aux Pays-Bas. Vitalic sait faire chanter ses machines en studio comme sur une scène, " pas besoin de virtuosité, sinon celle du programmeur, qui permet d’être plus personnel. Mais la plupart des musiciens se contentent d’utiliser les 127 sons qui sont fournis sur un synthé." Doué en programmation peut-être, mais Vitalic n’en reste pas moins un musicien, capable d’exiger l’impossible de ses machines.
Vitalic, OK Cowboy, Different/PIAS
Nicolas Dambre
26/12/2005 -