publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Menu

Chronique album


Magic System

Cessa kié la vérité


Paris 

01/07/2005 - 

Avec Cessa kiĂ© la vĂ©ritĂ©, leur nouvel album, les Ivoiriens de Magic System, auteurs du cĂ©librissime Premier gaou, recyclent les ingrĂ©dients de leur rĂ©ussite et partent Ă  la conquĂȘte de nouveaux publics.


 
 
Juin 2001, juin 2005 : quatre ans de pause entre l’album Poisson d’Avril et Cessa kiĂ© la vĂ©ritĂ© le nouvel opus de Magic System. Quatre ans nĂ©cessaires pour laisser aux diffĂ©rents tubes de Magic System le temps de conquĂ©rir les multiples marchĂ©s cibles europĂ©ens et africains.

Depuis, le remix de Premier Gaou par Bob Sinclar qui a permis au groupe de vĂ©ritablement s’imposer dans les charts europĂ©ens, les tubes internationaux se sont succĂ©dĂ©. Aujourd’hui, le phĂ©nomĂšne Magic System, du jamais vu pour un jeune groupe africain depuis le YĂ©kĂ© YĂ©kĂ© de Mory KantĂ©, continue sa vertigineuse progression Ă  grands coups de featurings audacieux. En duo avec la jeune Leslie, Brenda Fassie, monument de la musique sud-africaine, ou le groupe de rap 113 pour un Gaou Ă  Oran, les quatre petits gars de Marcory  foncent, et cela marche.

Album "double emploi"

Ainsi, la machine Magic System s’est remise en route pour Cessa kiĂ© la vĂ©ritĂ©, un album signĂ© chez Virgin et qui obĂ©it aux rĂšgles dĂ©sormais classiques de fonctionnement du groupe. Plusieurs titres sont calibrĂ©s pour les pistes de danse : rythmiques calquĂ©es sur les succĂšs prĂ©cĂ©dents et reconnaissables dĂšs les premiĂšres notes du morceau, choeurs, synthĂ©s, tout y est. Pourtant, malgrĂ© un petit goĂ»t de dĂ©jĂ  vu, l’énergie reste la mĂȘme, indĂ©niablement entraĂźnante. Le premier titre de l’album, Petit pompier reprend la thĂ©matique de l’amour par intĂ©rĂȘt qui avait fait le succĂšs de Premier gaou. Cette fois-ci, ce sont les "dames de feu" et leurs gigolos, les "petits pompiers" qui sont passĂ©s au crible de l’humour zougloutique. Pour Bouger bouger, qui s’annonce dĂ©jĂ  comme un incontournable de l’étĂ© 2005, le groupe a rĂ©itĂ©rĂ© une fructueuse (et certainement juteuse) collaboration avec le Malien MokobĂ© du 113.

 
  
 
Avec le titre Matilisso, Magic System rend hommage Ă  Brenda Fassie, "nous avions chantĂ© ensemble pour Poisson rouge, sur le titre Kodjo kodjo tirĂ© alors Brenda Fassie nous avait invitĂ©s fin 2002 Ă  Johannesburg pour enregistrer un titre en duo sur son album. Avant la sortie de celui ci, Brenda est dĂ©cĂ©dĂ©e. Nous avons alors dĂ©cidĂ© d’insĂ©rer Matilisso dans Cessa kiĂ© la vĂ©ritĂ©. C’est un titre aux sonoritĂ©s nouvelles, qu’on pourrait qualifier de zoulou-zouglou" souligne malicieusement l’un des membres du groupe. Magic System, qui aime visiblement la diversitĂ© musicale s’est aussi essayĂ© au "reggae zouglou", en duo avec Alpha Blondy pour Tikilipo, (politique en verlan). Leur maison de disques commune, Virgin y est certainement pour quelque chose, mais pas seulement insiste Tino : "Alpha Blondy, c’est notre grand frĂšre et c’est le doyen du reggae en CĂŽte d’Ivoire. Nous, nous sommes les devanciers du zouglou, alors nous avons dĂ©cidĂ© de lancer ensemble un message de paix". Alors que la situation ivoirienne apparaĂźt en demi-teinte sur bon nombre de morceaux, le groupe Ă©lude les questions liĂ©es Ă  la crise politique, ou Ă  leur statut de musiciens Ă  Abidjan : "En CĂŽte d’Ivoire, nous n’avons eu aucun problĂšme avec qui que ce soit. Nous faisons de la musique et la musique aide les gens Ă  oublier la guerre. Le zouglou lance des messages, tout en faisant rigoler les gens. Notre album est double emploi : tu l’écoutes en boĂźte, tu ne peux pas t’empĂȘcher de danser. Tu l’entends dans ta voiture, alors tu Ă©coutes le message : paix et rĂ©conciliation".

Ratisser large

 
 

En effet, avec d’autres titres, chantĂ©s en mina, baoulĂ©, bĂ©tĂ©, bambara, l’album se veut proche des racines abidjanaises et revendique l’"authenticitĂ©" du zouglou, made in Magic System. Le groupe assure d’ailleurs en choeur que le succĂšs ne l’a pas fait changer et que c’est Ă  Abidjan qu’il puise la majeure partie de son inspiration. A travers les ambiances bien produites des titres Amedjero, ou DoubĂ©hi, les Magic reviennent d’ailleurs sur leurs dĂ©buts ou sur la difficultĂ© de garder leurs amis d’enfance malgrĂ© leur rĂ©ussite. C’est lĂ  qu’ils parviennent Ă  innover tout en restant dans l’esprit qui les caractĂ©rise.

A l’inverse, d’autres morceaux, comme Ambiance Ă  gogo ou Molo Molo ne prĂ©sentent pas vraiment d’intĂ©rĂȘt. AdressĂ©s selon le communiquĂ© de presse aux "amateurs de nouvelles fusions urbaines zouk-latin-r'n'b-rap", ces morceaux trĂšs world music ne rĂ©ussissent pas Ă  convaincre. Cependant, le groupe assume simplement son dĂ©sir de ratisser large : "Quand tu veux vendre sur d’autres marchĂ©s, tu dois ajouter d’autres genres" souligne Manadja. Et pour aller jusqu’oĂč ? "Mmmh
jusqu’à l’infini !" rĂ©pondent-ils avec malice.

Magic System Cessa kié la vérité (Virgin) 2005
En concert le 5/11/2005 à l'Elysée Montmartre à Paris

Eglantine  Chabasseur