Reportage
Québec
20/07/2005 -
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Pour Guizmo, ce séjour à Québec était un retour à la genèse du projet : "J’ai rencontré Farid Merabet, un des producteurs, ici l’an passé qui accompagnait les Béruriers Noirs. Comme j’ai toujours été un grand fan des Bérus, j’en avais profité un peu pour les squatter. Il m’a alors parlé de son idée de provoquer des rencontres artistiques au Niger et m’a demandé si j’aurais un peu de temps l’année suivante pour participer au projet. Comme nous faisions une pause avec Tryo, c’est arrivé au bon moment. Je savais qu’Amazigh viendrait. On s’était croisés plusieurs fois lors de festivals et l’idée de se rencontrer là-bas était excitante. Je suis allé dans le Ténéré comme si je partais en vacances, mais je ne suis pas arrivé les mains vides, j’avais préparé quelques compos. J’étais comme un stagiaire avec Abdallah et Amazigh, et je me suis pris une super gifle". Amazigh le Berbère était lui moins déphasé que Guizmo le Breton d’adoption : "J’avais l’impression d’être chez moi et en même temps de découvrir mon univers. C’était vraiment violent et j’ai dû mettre deux mois à revenir du Niger. Ce qui m’a vraiment touché, c’est de voir comment le langage du coeur et de la musique dépasse la géographie. En tant qu’Algérien, je peux avoir des affinités avec les Touaregs parce que j’ai des origines berbères. Mais ça me fait triper de voir quelqu’un comme Guizmo avoir un fond commun avec nous. C’est la magie de la musique. Et ce blues du désert rassemble la musique gnawa, le reggae, le rock. Tout ce qui émane aujourd’hui du monde musical à un rapport avec cette région-là".
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Après le set impeccable de Gnawa Diffusion, Abdallah monta sur scène face à une place pleine à craquer en ce samedi soir tropical. Brigitte, une jeune Québécoise qui avait vu en début de semaine les Tinariwen au même endroit, n’en revenait pas du groove de ce groupe venu de nulle part : "Avec Tinariwen, on était parti pour une ballade chaloupée à dos de chameau au son du blues du désert. Mais avec ces Déserts Rebelles-là, on part parfois au galop. Le son de la guitare rock de Daniel Jamet répond incroyablement à celle d’Abdallah. Et Guizmo nous fait bien rire avec ses chansonnettes joliment tournées, comme 70 litres. Quant à Amazigh et ses copains gnawas qui l’ont rejoint sur scène, ils apportent vraiment une touche arabe très sympa".
En une heure trente d’un set impeccable, les Déserts Rebelles ont montré ce soir-là que le blues du Ténéré pouvait également avoir des colorations rock, gnawa, reggae. Un nouvel espéranto ne serait-il pas en train de naître, comme l’affirme Amazigh ?
Pierre René-Worms
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