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Chronique album


Yannick Noah

Métisse(s)


Paris 

21/07/2005 - 

Et de cinq pour Noah, artiste aujourd’hui incontournable de la scĂšne des variĂ©tĂ©s françaises. AprĂšs le succĂšs de Pokhara, l’album composĂ© durant son aventure initiatique nĂ©palaise Ă©coulĂ© Ă  plus d’un million d’exemplaires, MĂ©tisse(s) est son nouveau disque. DĂ©jĂ  vendu Ă  150.000 exemplaires, il n’est en fait qu’un semi-projet. NĂ© des rencontres avec d’autres artistes, comportant duos, reprises et titres live (dont 4 extraits de Pokhara, s’inscrivant dans le sillon des ventes enthousiastes).


 
  
 
Symbolique ou pas, la date de sortie de MĂ©tisse(s) s’est calĂ©e en pleine Ă©mulsion d’élan positif. Entre deux Ă©vĂ©nements justement proches de l’histoire et des valeurs dĂ©fendues par Noah : la FĂȘte de la Musique et le Live 8. Des concerts organisĂ©s par Bob Geldof pour la lutte contre la pauvretĂ©, Noah aura rĂ©pondu prĂ©sent Ă  l’édition française tenue le 2 juillet dernier, Ă  Versailles. CrĂ©ateur de l’association Enfants du Monde, supporteur de nombreuses autres, il se dĂ©finit comme un ĂȘtre engagĂ©. Un trait volontairement occultĂ© dans sa musique. Lucide, il prĂ©fĂšre l’action au pouvoir relatif d’une chanson. Le 21 juin est une autre affaire de coeur du Français. A l’occasion du lancement de la premiĂšre Ă©dition, il Ă©tait sollicitĂ© par Jack Lang pour la parrainer. Lui, l’homme fĂ©dĂ©rateur. RĂ©cent vainqueur de l’édition ’83 de Roland Garros, il s’inscrivait dans la prestigieuse lignĂ©e des joueurs français qui gagnent en France. De mĂšre française et de pĂšre camerounais, il Ă©tait aussi l’image d’une France telle qu’elle se compose, mĂ©tisse.

Rencontres

Métisse
, c’est justement le titre qu’il a choisi pour son duo avec Disiz la Peste. Une rencontre initiĂ©e par le rappeur franco-sĂ©nĂ©galais, portĂ© par le succĂšs du film Dans tes rĂȘves. A l’origine de la collaboration et de l’écriture du morceau, Noah devait simplement intervenir sur le chant de Disiz. Les rĂŽles seront finalement inversĂ©s. BalancĂ©s entre la voix coulĂ©e de Noah et l’attaque plus mordante de Disiz. Un mĂ©tissage de hip hop et d’influences world au texte un brin consensuel mais juste, "Pas besoin de voyager pour dire que je viens de loin". La Noah’s Touch en plus. Il la dĂ©finissait sur ses albums prĂ©cĂ©dents comme un mĂ©lange de musique et d’appels positifs Ă  la tolĂ©rance, au rassemblement. Avec en tĂȘte toujours, ce farouche attachement aux racines et Ă  la filiation.

Grand fan de James Brown et Bob Marley, c’est avec Jimmy Cliff qu’il interprĂ©tera en duo Take your time. Il pose sa voix sur une collaboration proposĂ©e par le JamaĂŻcain, Ă  l’occasion de son dernier album. Au croisement de plusieurs genres, la derniĂšre icĂŽne vivante du reggae offre un Black Magic Ă  entrĂ©es multiples. Parmi les duos prestigieux avec Sting, Annie Lennox ou Joe Strummer, il y aura aussi Noah. ContactĂ© par le vieux Jimmy, il Ă©tait difficile de refuser, et ça fonctionne bien. Sur tous les plans, l’un comme l’autre prĂŽnant ouverture d’esprit et musique s’enrichissant d’autres influences, avec une bonne humeur manifeste.


& influences

 
 
Comme pour beaucoup de jeunes Français Ă  la fin des annĂ©es 70’s dĂ©but 80’s, le groupe phare du rock français TĂ©lĂ©phone en sera une autre. La reprise de La bombe humaine n’est donc pas une surprise, une bonne non plus. Trop tendre, Noah se laisse aussi manifestement un peu trop allĂ©. Pacifisme poussif suceur de substance que l’on retrouve dans sa rĂ©-interprĂ©tation passĂ©e de La Marseillaise Oh rĂȘves. L’histoire s’est filĂ©e depuis l’invitation sur scĂšne par Noah d’Aubert et Bertignac aux concerts de soutien Ă  son association, Les Enfants de la Terre. Plus tard et pendant la composition de Pokhara, il retrouvera Bertignac au NĂ©pal, alors que celui-ci y rĂ©cupĂšre un second souffle.  Ils en profiteront pour jouer ensemble lors de concerts organisĂ©s par le Centre Culturel Français, des classiques du rock. Une façon de renouer avec d’autres de ses premiĂšres Ă©coutes, Beatles et Rolling Stones.

On le prĂ©fĂšre toutefois dans les morceaux rĂ©ussis type J’aurais dĂ» comprendre en duo avec Myriam Vialatte ou La voix des sages et C’est pour toi, entourĂ© des impeccables Zam-Zam. Dommage que pour ce second essai live, la production trop lissĂ©e ne permette pas de palper l’intensitĂ© probable. Avec un charisme Ă©vident, Noah trouve Ă  quelques exceptions la communion avec un public studieux, sur des titres comme La voix
 Les perturbations chamaniques Ă  l’image de Ose Ă©tant Ă  laisser de cĂŽtĂ©.

Il trouvait le tennis trop individuel, la musique lui aura permis de renouer avec le groupe, l’équipe et la tribu. Comme au temps du hard-rockeur McEnroe, de Jim Courier le batteur et Wilander parfois aussi Ă  la guitare. Une parole en action. Une voix qui gagne encore Ă  trouver son crĂ©neau.

Yannick Noah Métisse(s) (St Georges) 2005

Pascal  Bagot