Reportage
Brest
08/08/2005 -
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Mais cette année, un événement vient s'ajouter à ce rassemblement : le retour des Bérurier Noir, les vétérans du rock alternatif français, tout juste reformés l'année passée. "Transformés" préfère dire Loran, le guitariste du groupe, qui se produit ce samedi soir sous le nom de Kamouflage avec les principaux artistes de son label Folklore de la Zone Mondiale. La rencontre de deux mondes qui s'ignorent sans doute, le punk et la techno, mais qui ont bien des façons de faire en commun.
Bousculades
Rendez-vous est donné au centre de Brest pour attraper les navettes qui convergent vers le Manoir de Keroual en pleine campagne bretonne. La compagnie de bus est dès le début de soirée dépassée par les événements, la foule étant plus nombreuse que prévu. A l'entrée du festival, après avoir traversé de gigantesques champs transformés en parkings, l'attente est interminable pour rentrer. Le public est très varié, mais surtout régional. Aux aficionados de techno s'ajoutent les fans des Bérurier Noir, notamment des punks habillés de treillis et coiffés comme il se doit, venus par exemple de Paris ou du sud de la France. Les organisateurs ont même prévu un chenil pour garder les chiens le temps de la soirée. En revanche, ils n'ont pas prévu les mouvements de foule qui menacent pendant trois heures de faire exploser le sas d'entrée au site.
Underground Resistance en force
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Appels au calme
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Micro putsch
Après le concert des Bérurier Noir, c'est une véritable hémorragie humaine qui répond aux sons hardcore de Manu le Malin. Certains fans de punk ne sont apparemment pas décidés à tenter l'expérience techno. Le chapiteau drum'n'bass ne désemplit pas grâce aux DJs et MCs. Certains apprentis MCs tentent un putsch pour monter sur scène et rapper dans le micro. En vain. Dans la cour du manoir, Underground Resistance rétablit le pont entre la techno américaine et la musique électronique européenne en diffusant du Kraftwerk. Mais quelques minutes plus tard, les plombs sautent. Le courant rétabli, c'est ici qu'une bonne partie du public va terminer la nuit.
Vers 6 heures du matin, il faut slalomer entre les corps endormis pour quitter le site. Beaucoup n'ont pas pu tenir, l'alcool aidant, jusqu'à l'arrivée tardive de la navette de retour. D'autres rentrent à pied sur la nationale, direction la gare de Brest. Les plus courageux cherchent les afters. Près de 17.000 entrées payantes ont été comptabilisées, un des records d'Astropolis. Les organisateurs vont devoir trouver encore plus fort l'an prochain pour que le public soit aussi nombreux au rendez-vous.
Trois questions à Manu le Malin

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Le DJ Manu le Malin est le "vétéran" des artistes présents à Astropolis. Il n'a manqué aucune édition depuis la première. Cette année, il avait la difficile tâche d'assurer la transition entre les Bérurier Noir et les artistes de techno hardcore.
Que reste-t-il de l'Astropolis techno des débuts ?
Ce gros festival s'est imposé comme le dernier bastion de l'esprit rave. Ses organisateurs n'ont jamais changé d'optique depuis les débuts, malgré la croissance du festival. Il n'y a toujours pas de grands sponsors affichés à côté des scènes. Les organisateurs croient en l'éclectisme depuis déjà pas mal d'années. Cette volonté est poussée à son paroxysme cette année avec le Folklore de la Zone Mondiale, le label des Bérurier Noir. Mais auparavant, Astropolis était déjà très éclectique dans les musiques électroniques. Un groupe métal comme Nostromo avait déjà été invité par le passé.
Quelle est la légitimité des Bérurier Noir dans ce festival ?
Ce sont les Béru qui l'expliquent le mieux : comme le mouvement des raves et des free parties, le mouvement alternatif des années 80 avait sa propre organisation, ses labels, ses structures. Dans les deux cas, il s'agit de gens motivés, sans aide extérieure, habitués au "Do It Yourself".
Nicolas Dambre
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