Reportage
Baalbeck
16/08/2005 -
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Toutes générations confondues, le public danse sur des paroles qu’il murmure en même temps que Warda : des histoires d’amour que l’on “savoure chaque jour et chaque nuit”, de soupir “qui touche directement [mon] coeur”, de mensonges... Les chansons de Warda déclinent l’amour sous toutes ses facettes : la passion, la nostalgie ou la jalousie, les liens fraternels ou ceux qui rattachent l’artiste à ses origines. En arabe, l’amour, c’est autant de mots différents.
L’incarnation d’un héritage
Dans sa robe argentée qui scintille, la chanteuse envoie des baisers à la foule qui lui demande ses titres préférés et la remercie d’un “Warda ! La plus grande, Warda !”. Impossible de ne pas se rendre compte que Warda s’inscrit dans la lignée de Oum Kalsoum. Tant pour l’étendue de sa carrière (avec plus de 300 chansons à son répertoire) que parce qu’elle a travaillé avec les plus grands paroliers et musiciens arabes de sa génération. “Elle incarne une musique et un héritage de plus en plus rare, qu’il faut préserver”, commente Leila Bissat, qui participe à l’organisation du festival. Une voix qui appartient au patrimoine culturel arabe mais qui représente également tout une partie de l’histoire de la région. Très jeune, dans les années 50, Warda (“Rose” en arabe) se fait un nom en chantant la révolution algérienne, en plein guerre d’indépendance. Un nom de scène, Al Jazairia (l’Algérie), qu’elle ne choisit pas par hasard. Elle se produit dans le monde entier, notamment en Egypte, à la demande de Nasser, pour chanter la grande nation arabe, aux côtés de Abdel Halim Hafez. En Algérie aussi, bien sûr, invitée par le président Houari Boumedienne en 1972 pour célébrer les dix ans de l’indépendance. Ce soir, Fouad Siniora, le Premier ministre du Liban est venu l’applaudir. Pour l’organisation du festival, “elle représente une certaine unité du monde arabe. Et aussi un brassage culturel essentiel”. De père algérien et de mère libanaise, c’est en France qu’elle est née... et c’est l’Egypte qui lui offre une carrière internationale, notamment après sa rencontre avec Mohammad Abdul Wahab, qui devient son “oustaz” (professeur) et qui lui écrit des textes comme des poèmes, dans la pure tradition des chanteurs arabes. “Tout ce mélange, cette identité cosmopolite, c’est l’essence du Moyen-Orient !”
Festival étendard
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Pomme Larmoyer
11/05/1998 -