Paris
09/09/2005 -
Ces deux artistes nés au Cameroun partagent une même manie des allers-retours : entre Afrique et Europe, entre groupes et solo, entre générations. Ils arrivent tous les deux en France à l’âge de l’adolescence : quatorze ans pour Etienne Mbappé, seize pour Queen Etémé. Un changement de vie loin d’être anodin. “Je suis certain que ma soif d’apprendre vient de là”, soutient Etienne Mbappé. “Quand je suis arrivé, j’ignorais tout des Beatles, des Rolling Stones, de Led Zeppelin, de Miles Davis ... J’ai tout appris en accéléré. Depuis, je suis toujours en quête de connaissances.”
Dans l’ombre des grands
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Etienne aussi enchaîne les concerts et les pays. Il mène une carrière de bassiste de 1984 à 2004. Pendant vingt ans, il prend part aux albums et tournées de Jacques Higelin, Salif Keita, Michel Jonasz, Catherine Lara, Liane Foly, Claude Nougaro ... “Les années 1980 étaient fabuleuses, raconte-t-il. La France découvrait son héritage colonial, la musique africaine avait le vent en poupe et les influences de partout se mélangeaient pour créer la musique “world”, comme on a alors commencé à l’appeler.” Le bassiste a la chance d’être pris sous l’aile de Rido Bayonne, chef d’orchestre congolais, mélangeur des styles et instruments de tous horizons. Un magicien des notes. Pendant dix ans, également, il fait partie de l’aventure Ultramarine, un groupe de jazz qui devient vite une référence. Aujourd’hui encore, le nom d’Etienne reste souvent associé à cette aventure.
Chemins différents
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En 2001, il enregistre avec Ray Charles sur quelques chansons reprises d’Aznavour. Appelé la veille de l’enregistrement, Etienne saisit l’occasion de travailler avec le grand pianiste. En 2004, il présente enfin son premier album solo, Misiya, mélange de douces mélodies, de rythmes africains, parfois un peu jazzy voire hispanisants sur certains morceaux. Bref, un patchwork d’influences diverses. Le bassiste est catégorique : il n’aurait jamais pu se lancer sans ce long apprentissage : “Je devais me débarrasser d’une timidité maladive, accepter d’être critiqué et d’expliquer mes choix. Pendant ces années, j’ai vu sur scène des artistes excellents ou perdant les pédales, gérer un public plus ou moins nombreux. J’ai observé car je savais que je m’y retrouverais un jour.”
Concert à l’Unesco le 9 septembre 2005 à Paris
Queen Etémé Soki (Next Music) 2003
Etienne Mbappé Misiya (O+/Harmonia Mundi) 2004
Mélanie Bosquet
06/04/2005 -