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SIXUN A 20 ANS

Retour sur scÚne des vétérans de la scÚne jazz fusion


Paris 

30/09/2005 - 

La rumeur circulait depuis quelques mois
 confirmĂ©e juste avant l’étĂ©. Sixun, le premier groupe mĂ©tisse de la scĂšne française, se reforme, et fĂȘte ses 20 ans ! L’occasion de retrouver le groupe phare du jazz fusion pour deux soirĂ©es Ă©picĂ©es Ă  Paris, les 30 septembre et 1er octobre sur la scĂšne de la Cigale.


 
 
Sixun, c’est six pour un ! Un nom de groupe trouvĂ© autour d’une table au cafĂ©, aprĂšs avoir dĂ©lirĂ© entre copains. Ils ont vingt ans, ils sont blancs et noirs, curieux des cultures de l’autre, et ne savent pas encore qu’ils feront partie des meilleurs musiciens de leur gĂ©nĂ©ration. Sixun, ça sonne ! Et bien que le groupe ne se soit pas produit depuis plus de six ans, il a suffisamment inventĂ© pour marquer. Le nom est restĂ©, pĂ©rennisĂ© aussi par chacun des membres qui poursuivent une vĂ©ritable carriĂšre.  

Il s’agit de Paco SĂ©ry, celui-lĂ  mĂȘme qui fut  remarquĂ© par Eddy Louis, et proclamĂ© "meilleur batteur du monde" par Wayne Shorter et Joe Zawinul. De Michel Alibo, le bassiste martiniquais souvent vu aux cĂŽtĂ©s d’AngĂ©lique Kidjo, de Youssou N'dour ou de Karim Ziad.
D'Alain Debiossat au saxophone, le saxophone charentais, Ă©galement prĂ©sent dans l’Orchestre National de BarbĂšs. De Louis Winsberg Ă  la guitare, dont on a suivi le parcours sur les routes du sud, Ă  la rencontre du flamenco, avec son projet Jaleo. Et puis aux claviers, c’est encore une forte personnalitĂ©, celle de Jean-Pierre Como, le plus italien des Parisiens, une origine mĂ©diterranĂ©enne qu’il revendique dans ses albums.

Pour la sixiĂšme composante du groupe, la percussion, c’est depuis toujours une surprise. Cette fois, c’est  StĂ©phane Edouard, d’origine indienne, qui reprend, aprĂšs l’historique Abdou M’Boup, suivi de beaucoup d’autres, dont Bobby Thomas ou Arnaud Franck.

Ces concerts donnés à Paris pour les vingt ans de Sixun sont pour RFI Musique l'occasion de rencontrer deux des membres du groupe : Louis Winsberg et Michel Alibo, heureux de se retrouver au café avant de se retrouver sur scÚne.

 
  
 
RFI Musique :  Comment vivez-vous ce retour, aprĂšs six ans d’interruption ?
Michel Alibo : En fait, on n'arrĂȘte pas de plaisanter lĂ -dessus et de s’appeler entre nous le nouveau Buena Vista Sixun club ! (Ă©clats de rire).
Louis Winsberg : C’est le vrai Sixun d’origine, d’appellation contrĂŽlĂ©e ! On fĂȘte nos 20 ans, et je vais ĂȘtre papa dans la foulĂ©e !
M.A. : Il faut dire que ces six ans de pause Ă©taient tout Ă  fait naturel aprĂšs le dernier concert en 1999, suite Ă  l’album Nouvelle vague. Tout le monde avait besoin de faire son chemin en solo. Et ça reprend tout aussi naturellement avec plein de projets jamais rĂ©alisĂ©s, comme celui de faire un DVD. L’idĂ©e est nĂ©e l’étĂ© 2004, grĂące Ă  Antoine Crespin de Futur Acoustic Production.

Quel sera le rĂ©pertoire ? De nouvelles compositions ?
M.A. : On s’est posĂ© la question, mais l’envie avant tout c’est de fĂȘter nos 20 ans, la longĂ©vitĂ© du groupe. On a rĂ©alisĂ© huit albums, et on veut donner le meilleur de ce qu’on a fait pendant toutes ces annĂ©es. Une sorte de best of, votĂ© Ă  l’unanimitĂ© par nous six. C’est l’idĂ©al pour nous dĂ©couvrir, pour la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui ne nous a jamais vu sur scĂšne.

 
 
Selon vous, qu'avez-vous apporté à la scÚne musicale française, avec du recul ?
M.A. : Ce qui Ă©tait nouveau, c’était cette rencontre, ce mĂ©tissage dans le jazz. Ça a Ă©tĂ© toute suite la perception du photographe Daniel Jan qui a rĂ©alisĂ© la pochette du premier album, Nuit blanche. Il a vu qui nous Ă©tions, trois noirs, trois blancs, et alors il a mis ces deux bĂ©bĂ©s face Ă  face, le noir et le blanc, et ça nous a permis de comprendre ce que nous Ă©tions en train de faire spontanĂ©ment. Chacun avait la part belle dans la musique. Et cette fusion, nous la poursuivons tous, c’est notre approche des musiques du monde.
L.W.: Je persiste et je signe. Et ce qui reste c’est l’énergie, la puissance du groupe. Rejouer ensemble, c’est assez beau, parce qu’on est trĂšs proche, et on est riche de nos parcours.

En 94, vous Ă©tiez partis pour six mois aux Etats-Unis ? Votre conception du mĂ©tissage est-il compris ?
M.A. : On dit qu’aux Etats-Unis il y a tout, c’est vrai. Mais, tout est compartimentĂ©. Notre groupe, jazz fusion, n’avait mĂȘme pas sa place !
L.W
 : Le mĂ©tissage n’est pas du tout vĂ©cu de la mĂȘme façon. D’ailleurs lĂ -bas, ils nous regardaient un peu de travers. Mais sur la durĂ©e, je crois qu’on aurait pu se faire entendre !
M.A. : Ecoute ce que fait Joshua Redman aujourd’hui, on dirait du Sixun !

Sixun en concert Ă  la Cigale Ă  Paris le 30/09/05 et le 01/10/2005
En tournée : été & automne 2006

Valérie  Nivelon