Paris
31/10/2005 -
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Il y a une dizaine d'années cette Marseillaise débarquait à Paris pour se frotter aux cafés parisiens où elle reprenait les tubes du moment et quelques standards rocks adaptés à sa sauce phocéenne. C'était le début de ce qu'elle appellera sa Kitchen Miousic. Musique cuisinée dans les fourneaux de son studio. Un bricolage musical fait de pop, de folk et de rock qui séduit rapidement le microcosme d'une chanson underground qui n'était pas encore "nouvelle vague". Musique goûtée par tout une bande de jeunes musiciens de l'époque Clarika, Jean-Jacques Nyssen, Louise Attaque, les Têtes Raides qui se produisent et la croisent dans l'atmosphère enfumée de la Liberté.
Détermination"Je me souviens assez bien quand je l'ai vue seule à la guitare avec sa grosse-caisse couverte de moumoute" dit Manue, l'une des confidentes de Sophie, ex-membre de Life Live, le tourneur et producteur de Sophie. "En fait, la première fois qu'on s'est vraiment rencontré, c'était un soir au bureau de l'association, au-dessus du bar pour plier des mailings pour un concert de Yann et les Abeilles. On avait besoin de petites mains et Sophie était venue nous filer un coup de pouce. Elle est comme ça : généreuse, volontaire" Alors que tous sont dans l'effervescence du nouveau disque La suite qui sort ces jours-ci, Max Amphoux son éditeur confirme : "J'ai toujours vu en elle quelqu'un d¹extrêmement déterminée. Entêtée parfois, mais suffisamment fine pour revenir sur ses décisions".
C'est ainsi qu'en Belgique puis au studio Plus XXX, où s'est déroulé le mixage du nouvel album nettement plus rock que les précédents, l'ambiance fut studieuse, rigolarde et parfois tendue. "Oh, trois fois rien ! précise Philippe Uminski, le réalisateur de ce nouvel opus. "Une fois Sophie voulait une ligne de basse sur un titre et je lui ai expliqué que la même ligne, mais à la guitare collerait mieux. On a essayé, comparé et puis elle a cédé". La Grande Sophie enchaîne "Ce que j'aime dans ce métier, c'est justement comprendre, apprendre et confronter des idées. Beaucoup considèrent que je suis arrivée à ce que je voulais. Mais moi, je continue d¹apprendre en côtoyant les gens du métier. Ce milieu, c'est un langage particulier qu¹il faut apprendre à décoder. Il faut lire entre les lignes. Il faut faire la différence entre le côté Fame des artistes qu'on voit en promo à la télé et la réalité des choses. J'ai toujours peur d'une catastrophe. Alors j'anticipe sur le pire pour avoir une échappatoire".
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Coccinelle, la bassiste des Kouette évoque aussi cette forte personnalité qui dégage sur scène. "C'était l'époque des concerts improvisés dans les bistrots. Les mecs n¹étaient pas forcément là pour écouter les chansons d'une inconnue. Mais Sophie a cette faculté à capter l¹attention et d¹entraîner le public". "Elle a une voix parfaite, surenchérit Philippe Balzé son ingénieur du son. Pour La suite, on a fait des maquettes avant la finalisation des prises de sons. Et bien, il y a des voix sur maquette qu'on aurait aussi bien pu exploiter pour le disque. Pas d'overdub (système permettant de corriger les voix fausses ) avec elle, c'était un vrai plaisir. T'as vraiment l'impression de bosser avec une artiste. Mine de rien, ce n'est pas si fréquent". Le résultat de La suite n'en est que plus probant. Univers particulier d'une chanteuse qui a réussi la parfaite synthèse entre ses albums précédents et ses aspirations rocks. "J'ai choisi Uminski pour cela. Pour son énergie. Pour cet aspect plus brut. Je trouve que cet album rassemble mes trois disques précédents où l'on retrouve ce qui me caractérise. Des mélodies et des chansons qui doivent tenir debout seuls, juste avec une guitare et une voix". Preuve que depuis ses débuts en solo, Sophie sait où elle va.
La Grande Sophie La suite (AZ/Universal) 2005En tournée à partir de janvier 2006
Frédéric Garat
19/03/2008 -
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