Reportage
Paris
17/11/2005 -
Poésie humaniste
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Les poèmes, forts, profonds, étonnemment actuels et -donc- politiques, interrogent la guerre et ses absurdités (Est-ce ainsi que les hommes vivent ?) ou la différence (L’Etranger de Baudelaire et L’Etrangère d’Aragon). Pour Sapho, militante pour la paix sur les scènes des quatre coins du monde, "nous sommes dans un monde de guerres éclatées, l’état de guerre est là, horrible et insultant pour l’humanité, nous sommes otages de choses absurdes ... ". Ferré avait mis la poésie à la portée de toute une génération, Sapho et Vicente Alamraz revisitent par leur fine adaptation cette profondeur du verbe et des notes.
Mais après cette ouverture autour de Ferré et les poètes quasi dramaturgiques, on prend la route du Sud. "Ferré a beaucoup écrit de textes sur l’Espagne. Quand j’ai réflechi au spectacle, je ne voulais pas juste chanter Ferré, mais rajouter une couleur musicale, et le flamenco s’est imposé à moi très naturellement". Qu’à cela ne tienne, ce sera donc en terre d’Espagne que s’écriront les adaptations musicales.
Couleur flamencoA partir de l’improvisation de guitare de Vicente Almarraz, qui fait figure d’interlude entre les deux parties du spectacle, on bascule côté gitan. Les arrangements et le sublime jeu de Vicente Almaraz incarnent l’esprit d’un Ferré andalou. Sapho, généreuse, emplit de son chant la salle. Voix, guitare flamenca, percussions, le tout est pourtant dépouillé : "je voulais quelque chose de nu, insiste Sapho, qu’on entende correctement la puissance de l’ensemble". Et la légère profondeur du légendaire duo Jean-Roger Caussimon-Léo Ferré avec des titres pleins de gouaille comme le Flamenco de Paris, l’Espoir ou le Bateau Espagnol. "Léo Ferré est un latin qui jette son chant, sans avoir peur. Il n’a jamais eu peur de se risquer, il n’a jamais fait deux fois la même chose".
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Un cachet parisien et tellement argentin avec un drôle et entraînant Temps du Tango, ou une farce désuète Monsieur Williams. Et puis viennent les grands classiques de Ferré, c’est Comme à Ostende, La Chambre ou Avec le temps, chanté en français, puis en arabe marocain. "C’est incroyable car je l’ai mieux chanté après la traduction en arabe. Pour bien incarner ce titre, j’ai dû passer par le chemin andalou". Une promenade à travers la Méditerrannée, Paris et la poésie qui se déclinera en disque dans les mois à venir, mais aussi en tournée dans plusieurs villes de France et selon Sapho, dans plusieurs "endroits improblables" du monde.
Jusqu'au 20 novembre à la Maison de la Poésie (157 passage Molière 75003 Paris)
Eglantine Chabasseur
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