Chronique album
Paris
25/11/2005 -
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"Un son plus roots, plus brut"
"Je ne suis plus tout à fait la même" concède Souad Massi."J’ai mûri musicalement. Avant je ne faisais pas attention au son de mes albums, considérant que c’était le travail de l’ingénieur du son. Le premier avait été enregistré dans les conditions du live. Quant à Deb, le suivant, j’étais partie dans tous les sens, noyant parfois les morceaux sous une réverb afin de camoufler mon manque d’assurance. C’était une erreur que j’assume complètement aujourd’hui. C’est aussi ça, grandir" clame-t-elle. "C’est le producteur Jean Lamoot qui a été chargé de la production de Mesk Elil. Auparavant, il avait enregistré et mixé les albums d’Alain Bashung, Noir Désir, Brigitte Fontaine ou Salif Keita. C’est d’ailleurs avec Moffou de Salif Keïta que j’ai eu envie de travailler avec lui. C’est quelqu’un de très patient. A ses côtés, j’ai pu m’investir très tôt dans la couleur sonore de cet album" précise la chanteuse à la voix douce. "J’ai beaucoup appris avec lui. Désormais en studio, je fais attention à l’emplacement des micros, aux intentions, aux directions musicales suggérées" ajoute-t-elle qualifiant au passage le son de Mesk Elil "de plus roots, de plus brut". "Nous n’avons pas, ou peu, corrigé les prises de voix, gardant souvent même les premières prises, les prises "témoin", pour peu que l’émotion soit belle, l’intention soit juste. Parfois, on entend le souffle de ma respiration ou le bruit du glissant sur le manche de guitare. S’ils ont lieu d’être, nous les avons gardés. Jean m’a aidé à faire ces choix."

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"Des images qui ont grandi dans ma tête"
Certes différent dans sa forme, ce nouvel opus rejoint par ses thèmes les deux précédents. "Je parle encore et toujours des choses qui me manquent, de l’exil, de la nostalgie" explique la jeune femme visiblement émue. "Je ne crois pas que cette nostalgie soit fixée sur une période de ma vie précise comme l’enfance par exemple, il s’agit plutôt d’images qui viennent de là, mais qui ont grandi dans ma tête. Aujourd’hui par exemple, quand je vais à l’étranger, c’est Paris qui me manque" avoue-t-elle comme pour expliquer la complexité de son attachement aux souvenirs de ses premières années, à ses parfums de chèvrefeuille dont les senteurs envoûtantes et sensuelles retrouvées lors d’un concert en Tunisie l’ont rapprochée de l’Algérie de son enfance.
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Squaaly
28/03/2003 -
04/05/2001 -