

Paris
30/11/2005 -
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Côté textes, l'album réunit les auteurs qu'il aime : Tonio K pour l'anglais, Jorge Voss pour l'espagnol, Paquale Pannella et Enrico Ruggeri pour l'italien, Jean-Loup Dabadie, Alain Boublil, Elizabeth Anaïs et Jean-Jacques Goldman pour la France. "JJ Goldman, c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup pour les choses que l'on a commun, la réserve, la discrétion ... j'aime bien les artistes comme ça." À la vie comme à la scène, Richard Cocciante privilégie les valeurs humaines à l'esbroufe, et les textes de ses nouvelles chansons le disent, discrètement ... Tout juste s'il avoue que le premier titre extrait de cet album ne lui est pas étranger : "Tellement, oui, c'est un peu autobiographique ... Elizabeth Anaïs nous a observés, ma femme et moi, nous sommes ensemble depuis trente ans. Et lorsqu'on vit trente ans ensemble, on ne peut pas penser le vivre facilement. Il y a des moments de crise, il faut pardonner certaines choses d'un côté et de l'autre, il faut se mélanger d'une façon plus profonde que l'amour simplement physique. Le résultat, lorsqu'on passe ces grandes épreuves, c'est que l'amour devient plus fort." Une chanson d'amour qui parle de l'intensité de l'amour qui dure, ce n'est pas si courant.
Une longue carrière, une vie bien remplie
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Avec sa participation à l'opéra-rock de Catherine Lara, Sand et les romantiques, puis la composition de Notre-Dame-de-Paris et du Petit Prince, impossible de ne pas évoquer l'arrivée des comédies musicales dans la carrière de Richard Cocciante. Mais attention, le terme galvaudé ne plait guère à celui qui a renouvelé le genre en France : "Je n'aime pas trop cette appellation. Lorsque j'ai eu l'occasion de pouvoir composer Notre-Dame-de-Paris, je me suis tout de suite posé la question : comment un compositeur doit-il s'exprimer dans ce contexte des drames en musique -"mélodrame", vrai terme de l'opéra - aujourd'hui ? L'opéra est devenu inaccessible, le côté populaire n'existe plus. Rossini ou Verdi étaient populaires à l'époq
ue. On sortait, on chantait les airs. Ce qui l'a remplacé, c'est la comédie musical. Mais c'est une forme plus légère et anglo-saxonne, cela ne nous appartient pas. Je me suis dit qu'il faudrait introduire le côté passionné et lyrique de l'opéra dans le monde que l'on vit, le mélanger à la chanson. Cela a donné Notre-Dame-de-Paris, que nous avons appelé spectacle musical". Et l'artiste se passionne pour cette nouvelle forme d'expression : "Je viens de composer Roméo et Juliette en italien. Je l'ai présenté au Colisée et il sera sur scène en 2007 à Vérone. Et puis j'ai aussi deux oeuvres déjà écrites, une commande de la Russie et une de la Chine."

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Le succès international et phénoménal de Notre-Dame-de-Paris ne lui est pourtant pas monté à la tête : "La réussite, c'est quelque chose dont on peut parler après la mort." Le plus important à transmettre reste pour lui "l'émotion, l'âme, tout le reste n'est qu'instruments." Et lorsqu'on lui demande ce qu'il aimerait voir changer dans le monde de son vivant, la réponse ne se fait pas attendre : "L'inégalité. Voir les gens vivre plus facilement avec d'autres races, d'autres religions, essayer de comprendre pourquoi les gens ont une autre culture. C'est urgent si l'on veut préserver la paix." Alors, spirituel Richard Cocciante ? "Je crois, mais je ne pratique pas. En revanche dans la musique, la spiritualité est la base de l'expression, sans elle on ne fait pas d'art." Et dans cette vie bien remplie, qu'est-ce qui l'apaise ? "Faire de la musique", encore et toujours, passionnément !
Richard Cocciante Songs (CD + DVD) (Naïve) 2005
Anne Greffe
31/01/2000 -
01/07/1999 -
16/09/1998 -