Chronique album
Paris
02/12/2005 -
A la veille de la sortie de son deuxième album, Les Marchands de rêves, Corneille est un garçon très demandé. Après avoir assisté à la conférence de presse de l’UNICEF dont il est le parrain, avoir répondu à quelques questions en direct pour le bulletin d’informations d’une radio privée, il s’assoit avec nous dans un bureau de l’organisation internationale.
En paix
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L’album, toujours très personnel, s’ouvre sur des thèmes graves, mais apaisés, puis glisse vers quelque chose de plus léger. Comme dans plusieurs morceaux du premier album, les compositions musicales fonctionnent comme des supports : leur légéreté donne à penser que le quotidien, dans toute sa banalité, se déroule sur ces réflexions de fond. Quelques innovations musicales donnent du corps à certains titres : les percussions sur Lettre à la maison Blanche, ou le rythme congolais de la guitare sur Iwacu, amorcent un retour vers le continent africain. C’est peut être en effet, vers l’identification des contours d’une idendité rwandaise meurtrie mais rescapée, mûrie et apaisée, que tend ce second album. Une identité d’homme aussi.
Du titre Reposez en paix, jolie apostrophe aux parents disparus qui ouvre l’album, à Viens, un morceau plutôt sexy, un chemin de taille est parcouru. Pour Corneille, cette évolution est fortuite : "je n’ai pas conceptualisé l’album vraiment dans ce sens-là. J’écris comme je vis et chaque chanson est moi au moment où j’écris". Il concède pourtant : "cet album est une transition et commencer avec ce titre Reposez en paix, était une façon d’ouvrir un nouveau chapitre. A la fin de l’année dernière, après le succès du premier disque, j’ai eu besoin de m’asseoir et de penser en toute lucidité. Je voulais aller vers autre chose, endosser ma responsabilité de citoyen du monde donnée par la vie et par mon public". Ainsi, la combinaison musique et visibilité médiatique permet de faire passer des messages forts à destination de tout son public, qu’il soit européen, canadien ou africain. Avec une impression de forte religiosité, cet album se veut rassembleur : "la religion, dit il, je ne sais pas à quel point cela m’intéresse. Je ne la pratique pas, mais dans cet album je voudrais réunir tout le monde autour d’une religion universelle". Foi en l’Homme, en la musique, Corneille l’a certainement. Il souhaite aussi communiquer sa foi en l’avenir, en une utopie constructive : "Le rêve du meilleur, c’est mon moteur".
Changement
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Lui aimerait retourner à Kigali à l’avenir, donner des concerts, et "parler au micro, sans chanter, dire des choses" mais ne se considère pas encore prêt. "C’est sûr, je le ferai. La question, c’est juste : Quand ?"
Eglantine Chabasseur
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