Chronique album
Paris
09/12/2005 -
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Christian sourit : "A l’écriture déjà il y avait cette envie. Reprendre les guitares, rechercher une autre énergie. A un moment donné, on jette les premiers mots, la mélodie, et on prend la guitare parce que physiquement c’est plus ça, parce qu’on va chanter différemment. Et puis comme par hasard, c’est Denis Barthe (ndlr : le batteur de Noir désir) qui co-réalise le disque. Il bossait sur des chansons d’Arno et on a passé deux jours chez lui à Bordeaux. On ne s’en était jamais parlé avant et en sortant de studio, on s’est dit que ce serait bien de bosser ensemble." Mais que l’on ne s’y trompe pas, l’étiquette rock serait trop étriquée pour qualifier cet album. Les ambiances sont multiples : la chanson, la scène réaliste et le punk sont passés par là. L’ensemble sonne très éclectique et Christian acquiesce : "C’est vrai qu’à chaque titre tu changes d’univers. De Latuvu où on ne va pas tarder à tourner dans les boîtes de nuit, tu passes à Boris Vian ou au rock’n roll. C’est un peu les montagnes russes au niveau de l’ambiance. Il y a une singularité à chaque titre qui nous met dans une situation différente au départ." La cohésion est pourtant le fil rouge. Les mixages de Jean Lamoot, la voix de Christian, les cuivres, autant d’éléments qui permettent de ne pas se perdre dans tous les chemins proposés. Sans compter ces trois courts interludes essaimés tout au long du disque et successivement intitulés Je préfère, Je préfère comprendre, Je comprends.
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Le Fragile des Têtes Raides a donc la force d’oser. Il y a comme une volonté inavouée ou inconsciente de casser les images, de revenir aux sources, de mélanger les étiquettes. Tout en restant eux, reconnaissables mais plus loin, harmonieux et surprenants. "On est assez libre sur tout le disque, on laisse les choses se faire. Il y a quelque chose de plus électrique, plus rock et en même temps il y a de la respiration, de l’air. On se promène, il n’y a pas de stress. Il y a même des gens qui nous ont dit sur des chansons : ouais, c’est pas Têtes Raides !" Christian sourit et on imagine bien que cette exclamation lui fait presque plaisir. "C’est carrément un super compliment ! Je suis content quand on me dit ça. Pour la personne qui le pense, c’est bizarre... la musique c’est large et ça va partout. Il n’y a pas de règles". Tellement peu de règles que les Têtes Raides tiennent à les pousser encore un peu plus loin en lançant un appel à tous les DJs. Ils déclarent haut et fort être preneurs des remixes de Latuvu et attendent avec impatience les résultats proposés. Mais pour l'heure, le groupe est en tournée avec Fragile, à la rencontre du public, comme de bien entendu.
Marjorie Risacher
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