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Olivia Ruiz

La Femme Chocolat


Paris 

16/12/2005 - 

Oublié le temps des galeries de personnages, de la comédie et de la représentation, Olivia Ruiz a enfin trouvé sa voie. Plus personnelle, plus autobiographique, la jeune femme se livre et se raconte à travers son nouvel album, La femme chocolat.


Elle rêvait pour ce disque de travailler avec Tony Gatlif, Emir Kusturica ou Goran Bregovitch. La raison en a décidé autrement. Olivia Ruiz a fait le choix de partager la direction de son nouvel album avec un duo inédit de réalisateurs, Alain Cluzeau (Bénabar, Thomas Fersen, Paris Combo) et Mathias Malzieu (chanteur de Dionysos et écrivain), la sagesse et l'expérience d'un côté, l'euphorie et la folie de l'autre. "J'étais très excitée au moment de débuter l'enregistrement. J'avais autour de moi deux garçons que j'admire, prêts à mettre leur ego de côté pour me faire sortir du studio avec le sourire. On avait un mois pour tout faire et au final, je suis très fière du résultat".

Nostalgie filiale

 
 
Recentrée autour de la personnalité d'Olivia, La Femme Chocolat possède une unité dans le propos. Tout tourne ici autour de ses aspirations. Ce qu'elle a vécu et ce qu'il peut désormais arriver dans sa vie, comment ses choses l'ont construite, et comment elles continuent de l'imprégner au quotidien. Pour son premier album, J'aime par l'amour, Olivia avait privilégié l'interprétation d'une galerie de personnages. Elle souhaitait s'amuser, être conteuse ou actrice de ses chansons, partager sans forcément donner. Ici, on l'aura compris, la démarche est différente. Les choses ont changé. Olivia avance désormais à visage découvert. Elle évoque sans retenu la nostalgie de son enfance, son amour pour sa famille, "le plus important de mes repères". Elle confie sa fierté pour son sang mêlé, elle, la Française née de parents immigrés espagnols. Afin de continuer sa marche en avant, Olivia Ruiz avait besoin de se retourner sur son passé, de fouiller dans ses souvenirs. "Je ne cherche pas à adresser un message en particulier. Je cherche seulement à dire les choses pour ne rien regretter. Ce disque est un hommage à toute cette famille qui a fait ce que je suis devenue. Il y avait plein de choses que je n'arrivais pas à comprendre. Comme tous les enfants d'immigrés, il y avait en moi comme une fêlure, un sentiment étrange que tu ne peux pas t'expliquer." A presque 26 ans, Olivia Ruiz quitte enfin son costume étriqué de post-adolescente et laisse entrevoir les rondeurs rassurantes d'une femme.

Pour raconter ses histoires et toutes ces choses qui lui tiennent à coeur, elle a placé une nouvelle fois sa confiance en des amis de passage. L'ex-midinette de la Star Académy avait du batailler lors de l'enregistrement de son premier album pour récolter les inspirations d'artistes qu'elle admirait. Aujourd'hui, Olivia Ruiz n'a plus à courir après la reconnaissance de ses pairs. Elle les laisse venir. Entre opportunités, propositions et commandes, la miss n'a eu que l'embarras du choix pour se livrer. Et quel choix. Christian Olivier des Têtes Raides chante avec elle en duo un texte qui évoque les secrets de famille, Non-dits. Christophe Mali de Tryo lui offre Cabaret Blanc, un magnifique hommage adressé à ce père chanteur de bal. On pense à Juliette, La petite Voleuse, à Chet, Vitrier et Néry, Je te quitte, les parrains de toujours. Et puis, il y a Mathias Malzieu. Le réalisateur qui se transforme le soir venu en auteur, signant trois titres de l'album dont La Femme Chocolat.

Epanouie et malicieuse

 
  
 
Au-delà du fait de voir ces artistes lui tailler des textes sur mesure, la plus belle des surprises vient d'Olivia elle-même. Pour la première fois, la jeune femme trouve le chemin de l'écriture. Avec ses mains et son coeur, elle a composé plus du tiers de l'album, des titres en français et en espagnol. "Quand tu te sens exister dans les yeux de quelqu'un ça te donne des ailes. Mathias et Alain avaient tellement confiance en mes morceaux, ils étaient tellement persuadés qu'on allait pouvoir en faire de belles choses, que je me suis lancée." Elle aurait eu tort de ne pas les écouter.

Dans la légèreté comme dans la profondeur, aussi facilement que sa latinité peut souffler le chaud et le froid, son cabaret musical, "plus anglo-saxon que franchouillard", a gagné en qualité. Il entraîne par ses mélodies. Il séduit par la richesse de ses arrangements. Et cette Olivia qui cite avec malice ses influences premières, Fréhel, Damia, Berthe Sylva, semble avoir trouvé sa place dans le paysage musical français. Quelque part entre l'alternatif et le populaire, entre un accord de ukulélé, le sifflement d'une clarinette et l'expiration d'un accordéon, Olivia Ruiz rayonne. Elle a enfin accepté de jouer son propre rôle. Cette femme chocolat-là, elle est à croquer.

Olivia Ruiz La Femme Chocolat (Polydor/Universal) 2005

Nicolas   Preschey