Paris
26/12/2005 -
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Ce même goût pour les mélodies et les instruments, on le retrouve chez Vitalic, qui avait justement commis quelques titres sur le très à la mode label International Deejay Gigolos basé à Munich. Le premier album de Vitalic, OK Cowboy (Different/Pias), a surpris à la fois par sa puissance mélancolique et festive, et par sa richesse instrumentale… alors que tout y est électronique. Cet autodidacte de l’ordinateur a placé Dijon, la capitale de la moutarde, sur la carte de la France techno. Et son live musclé confirme aux quatre coins du monde tous les espoirs placés en lui.
À la conquête de la planète
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Connu à l’étranger surtout par quelques bandes-son de publicités, on attendait Télépopmusik (Catalogue/EMI) au tournant, après le premier album Genetic World. Avec Angel Milk, le groupe s’est permis quelques petits luxes en conviant une chanteuse supplémentaire et un orchestre, tout en conservant ses univers mélodieux et éthérés.
Dans un univers pas si éloigné mais plus pop, Sébastien Schuller est arrivé sans prévenir avec Happiness (Catalogue/Wagram), aérien, majestueux et d’humeur changeante. Les comparaisons avec Radiohead, Pink Floyd ou Air sont flatteuses mais justifiées pour ce premier disque.
Autre Parisienne, Émilie Simon a composé la bande originale du documentaire La Marche de l’Empereur, manchot Empereur s’entend. Le succès du film dans l’Hexagone a poussé les ventes de ce second disque (Barclay/Universal), qui atteint 60000 ventes. En revanche, Émilie Simon n’a pas pu accoster les Etats-Unis où ce documentaire a battu tous les records, car remonté, le film a également changé au passage de B.O.
Année du Brésil sans doute, Salomé de Bahia, fidèle chanteuse de Bob Sinclar, a publié son premier album, Brasil (Yellow/Warner), florilège de reprises de classiques. Sur F Communications, la maison de disques de Laurent Garnier, le projet São Paris est un mariage impressionniste de sonorités électroniques et de portugais.
Le Peuple de l’Herbe lorgne plutôt du côté de la Jamaïque pour son dub et de Londres pour la jungle. Cube (Pias), troisième album du groupe lyonnais, a été défendu par une tournée de concerts plus énergiques que jamais. Le groupe a continué de parfaire sa réputation internationale par une grande tournée dans de nombreux pays, conquis par ce mélange réussi de voix, de samples et d’instruments live.
Les DJs sont partout
Côté DJs, les francophones ont toujours la cote. Révélés en 2002 par leur mix ébouriffant As Heard on Radio Soulwax Pt. 2, les 2 Many DJs ont délaissé les platines pour s’emparer de guitares. Les deux frérots belges David et Stephen Dewaele ont créé leur groupe : Soulwax. Et les 2 Many DJs ont remixé Soulwax pour des Nite Versions (Pias), adaptations pour les clubs.
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Son compère Mr Oizo, l’auteur du célèbre Flat Beat avec sa peluche jaune, n’a pas déchaîné les passions avec son second album intitulé Moustache (F Com), expérimental et sans concession. C’est un petit nouveau, Jackson qui fut la sensation electro de la rentrée. Adepte du couper-coller, ce jeune homme fracasse tous les sons dans un maelström débridé, comme l’indique le titre de son premier opus, Smash (Barclay/Universal), repéré par le label britannique très pointu Warp.
Aux antipodes, Bob Sinclar, lui, enchaîne les tubes. Son dernier single Love Generation (Barclay/Universal), hymne de l’émission Star Academy dépasse en France les 230000 ventes. Les Britanniques en raffolent également. Plus lounge, mais aussi grand ambassadeur français, Stéphane Pompougnac a publié la huitième (!) compilation Hôtel Costes (Pschent/Wagram), dont les deux tiers se vendent comme des petits pains à l’étranger.
Parmi les secrets bien gardés de l’electro francophone, parce que beaucoup plus confidentiels, signalons pour terminer Musique pour 3 femmes enceintes (Mutek/La Baleine) du Montréalais Marc Leclair alias Akufen ; dans le Nord de la France Principles of Geometry (Tigersushi/Discograph), héritiers de Boards of Canada ; le trio Smooth (Mini Strong/Wagram), qui se construit une bonne réputation par la scène, ou encore Wax Tailor Tales of the Forgotten Melodies (Undercover/Naïve), digne successeur des Troublemakers dans le mariage du cinéma et du downtempo. Bref, si la French Touch est morte, la relève electro est pleine de promesses.
Nicolas Dambre
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