Paris
24/01/2006 -

Comment avez-vous orienté votre travail ?
Le risque était de se retrouver avec quatre rappeurs aux entités hyper différentes. Mais on a eu l’opportunité de travailler au studio Balard de Marseille ce qui nous a permis d'écouter les textes au fur et à mesure et de garder une cohésion d’ensemble. En terme de contenu musical, on retrouve des ambiances soul, rock, pop, des inspirations de BO de films, il y en a pour tous les goûts. Pour ce qui est de l’écriture, on avait envie de faire dans l’intimiste, de décrire notre quotidien de façon à ce que les gens qui nous écouterons dans 20 ans aient une idée précise de notre réalité. Le challenge a été d’avancer dans le même sens sans que personne ne perde son identité.
Les paroles m’ont semblé moins provocatrices qu’à l’époque...
L’âge a apporté plus de maturité. Lorsqu’on écrivait notre premier album, on sortait de l’adolescence, on ne voulait surtout pas s’imposer de limites. Tandis qu’aujourd’hui on a tous pris du recul. Pour ma part ça ne veut pas dire que je me suis assagi, car le discours reste le même, mais la démarche est autre. C’est la forme qui a changé. Disons qu’on s’est rendu compte que nos messages étaient mal interprétés, alors on n’emploie plus des termes comme "nique tout" mais "c’est ça ou rien, pousse tes limites, donnes tout ce que tu as".
Vous ne craignez pas décevoir le jeune public ?
On avait surtout la volonté de rassembler, de rester autant accessible au jeune public qu’à ceux de notre génération. On a gardé les mêmes revendications, mais avec plus de finesse, parce qu’on s’est rendu compte que les trentenaires écoutaient de moins ne moins de rap et qu’ils ne s’y retrouvaient plus dans les textes.
Et pour le choix des instrumentaux ?
Sur le premier album, c’était vraiment Pone qui apportait la couleur musicale. Mais sur Marginale Musique, chacun a voulu s’impliquer dans la construction des instrumentaux. Le Rat et moi avons fait des sons pour cet album. Moi je me suis inspiré de musique noire des années 70, d’autres se sont plus inspirés de reggae ou de rock, mais personne n’a été mis de côté. Dans la démarche, il a fallu que chacun amène les autres sur le chemin de ce qu’il proposait.

Des projets futurs ?
On a chacun des idées de projets solo, disons que deux ans pour environ 17 minutes d’enregistrement par rappeur, ça laisse plein d’idées à mettre en oeuvre ! Pour cet album, le seul fait d’avoir mené à bout ce projet est une réussite. Mais ce qui importe aussi beaucoup, c’est d’attirer les projecteurs sur la scène marseillaise qui est truffée de bons rappeurs et mériterait le soutien des labels…
Margot Seban
13/06/2003 -
06/05/1999 -