Paris
27/01/2006 -

Tu es toujours en guerre contre les maisons de disques ?
Regarde ce qui se passe, on avait raison de se méfier ! Ils sont menacés par les pirates, qui ont été plus malins. Je ne comprends pas qu’ils n’aient pas pensé à ça. C’est eux qui auraient dû créer Napster au lieu d’essayer de le racheter une fois que c’était fait. Il faut assumer ses erreurs, savoir que la cassette allait s’arrêter et que le CD s’arrêterait un jour.

Tu sors en même temps deux albums, Un homme nature et Doc Gynéco enregistre au quartier. Pourquoi ?
C’est une autre façon de bosser. On a un album avec le son d’un studio où on entend les bruits de la rue, et un autre professionnel au Palais des Congrès. Ça n’a strictement rien à voir. C’est comme si tu bois de l’eau du robinet ou de l’Evian : on a un album Evian et un album eau du robinet. L’album au quartier, c’est un son que les jeunes aiment bien.
Tu sors 30 morceaux d’un coup. Tout a été écrit récemment ?
J’avais déjà des vieux morceaux. Sur l’album au Palais je n’ai pas vraiment travaillé, je leur ai donné des bandes qui étaient déjà enregistrées, j’ai dû faire 5 titres en plus. On a recomposé des morceaux qu’on avait déjà en bouche et en tête. On avait la moitié de l’album maquetté. L’homme pressé, je le reprends dans la logique du lièvre et de la tortue. C’est un morceau qui va vite et je suis lent.
Tu fais carrément une reprise de Tout va très bien madame la marquise…
C’est une mélodie que j’avais dans la tête. On cherchait un refrain en studio, les musiciens me parlaient du dernier R. Kelly et moi je me mets à chantonner "tout va très bien…", et tout le monde a entendu ça étant petit.

Je ne peux pas ne plus intéresser tous ces gens, vu que je suis le seul qui leur parle et qui s’intéresse à eux. Je leur parle directement, sans avoir un discours comme Dieudonné. Comme je parle aux gens qu’on dénigre généralement, ils s’en rendent compte. Tant qu’il y aura des pauvres, je peux continuer. J’ai vendu un million d’exemplaires de mon premier album, mais ça n’arrive qu’une fois. Je préfère construire une carrière plutôt que de faire Rambo 1, 2, 3. J’aurais fait trois Première consultation, je serais malheureux. Je suis content d’avoir changé d’univers, d’être rentré dans des vibes différentes.
Ton nouveau single s'intitule La Party. C’est bien parti ?
On ne sait jamais, ça peut toujours ne pas marcher. On ne sait plus ce qui va marcher ou pas, c’est devenu bizarre.
Certains disent que tu as été surexposé médiatiquement…
On a trop aimé me dire qu’on m’avait trop vu. Je préfère qu’on me dise qu’on m’a trop vu plutôt qu’on me dise qu’on ne me voit pas assez. C’est mieux, au moins les gens savent qui je suis. Et ceux du hip hop que ça dérange, au fond d’eux ils savent que Gynéco contribue à faire quelque chose de bien pour le rap.
Olivier Cachin
20/09/2002 -