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Le Roman vrai d'Indochine

L'histoire chaotique du groupe de rock français


Paris 

15/02/2006 - 

Chez les poids lourds du rock français, il n’y aurait plus qu’un représentant encore en activité : Indochine. C’est du moins la thèse soutenue par Jean-Claude Perrier qui signe en franc-tireur une biographie de Sirkis & Co, Le Roman vrai d’Indochine.



Téléphone ? Une icône du passé. Noir Désir ? En parenthèse forcée. Indochine est donc le seul grand groupe à poursuivre une aventure longue de 25 ans, estime Jean-Claude Perrier. Après un ouvrage-décryptage du mythe Mylène Farmer, il s'est plongé dans l'histoire de ce groupe phare de la scène de français pour en écrire le roman-vrai", à la fois “descriptif et analytiqueâ€, selon son auteur, qui a souhaité “intégrer la création artistique d’Indo dans la profession de la musiqueâ€. D’où cette bio multipolaire, qui varie les éclairages (y témoignent artistes, anciens managers, attachées de presse, patrons de maisons de disques, etc.) et s’appuie sur des repères précis. Quitte à mettre devant ses contradictions la tête chantante d’Indo, et à évoquer sans tabou “stratégie évolutive†et autre “système de fonctionnement patronalâ€. “Nicola Sirkis n’est pas un artiste planant ou détaché des contingences matérielles, bien au contraire : il pense son groupe, y réfléchit – il ne fait même que ça.â€

 Ce "roman-vrai" égratigne donc le mythe du groupe tel que véhiculé par Sirkis lui-même, et décrit une Indostory chaotique, complexe. Entre ruptures, conflits et changements de personnels incessants. Sans autre volonté néanmoins que celle d’être indépendant. Certes, Perrier tend à démontrer une vérité crue du rock’n’roll – à savoir qu’il n’existe pas de “groupes tous égauxâ€, que des “groupes tout egoâ€. Mais il ne livre pas un écrit à charge, ou un tacle déloyal, contrairement à ce que laisse penser le communiqué officiel d’Indochine à ce sujet et publié sur leur site web. “Ce n’est pas un livre officiel, favorable ou hostileâ€, reprend-il. “C’est simplement une biographie aussi objective que possible, qui raconte une histoire. C’est un peu comme raconter l’histoire d’un couple, surtout si celui-ci s’est séparé, retrouvé ou que sais-je : il y a forcément des visions diverses, des rancÅ“urs... J’ai raconté cette histoire. C’est vrai que sans doute ça ne plait pas à Nicola.â€

Jean-Claude Perrier Le Roman vrai d’Indochine (Editions Bartillat) 2005

Loïc  Bussières