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Le monde de Nosfell en images

Un DVD immortalise sa premiÚre tournée


Paris 

01/03/2006 - 

AprĂšs s'ĂȘtre produit Ă  prĂšs de 150 reprises pour prĂ©senter PomaĂŻe Klokochazia Balek, son premier album dĂ©routant et fascinant, Nosfell livre aujourd'hui un DVD enregistrĂ© Ă  Bruxelles. L’occasion de mieux cerner cet extraterrestre, impressionnant sur scĂšne. Beaucoup plus timide Ă  la ville, il se confie, accompagnĂ© de son complice violoncelliste, Pierre Lebourgeois.



RFI Musique : Que trouve-t-on sur ce DVD ?
Nosfell : On va trouver une heure et demie de concert, On a immortalisĂ© un moment. C’était important pour nous que ce soit ce soir-lĂ  parce que c’était l’avant-derniĂšre date de la tournĂ©e. On a attendu d’avoir cette connivence avec Pierre, d’ĂȘtre au mieux de nos capacitĂ©s pour pouvoir enregistrer une prestation entiĂšre. Il y a aussi le premier volume d’une collection de “lizun” (musique improvisĂ©e en klokobetz, langage imaginĂ© par Nosfell, ndlr). A chaque fois, on s’impose un “lizun”, on part de rien pour aller vers quelque chose. C’est toujours trĂšs diffĂ©rent.

Sur l’album, les morceaux peuvent ĂȘtre dĂ©routants, mais sur scĂšne ils partent franchement dans toutes les directions.
Pierre : DĂ©fendre un disque sur scĂšne, ce n’est pas forcĂ©ment le jouer. Le disque, les gens l’ont ou pas mais ils font ce qu’ils veulent avec. Ce DVD permet vraiment de voir qu’il n’y a plus de tabou avec nos chansons. On peut se permettre de les Ă©tirer, les raccourcir, faire des liens entre elles mĂȘme si ça n’a pas l’air logique. On essaie de construire quelque chose entre les morceaux. Ça nous apporte beaucoup de libertĂ©, musicalement. Le tout est d’avoir un public qui adhĂšre Ă  ce genre de chose. On a de la chance, on s’est rendu compte qu’il Ă©tait mĂȘme demandeur.

Pierre, combien de temps avez-vous mis pour entrer dans l’univers de Nosfell ?
P. : On se connaĂźt depuis cinq ans. Au dĂ©but, j’étais plutĂŽt invitĂ© aux concerts. On a commencĂ© par des petits endroits, des cafĂ©s-concert, ça se faisait “à la rude”. Ensuite, on est tombĂ© dans un Ă©tĂ© de fou Ă  faire la tournĂ©e des festivals et ça devenait l’enfer pour proposer quelque chose de dynamique et d’intimiste. Ça nous a permis de comprendre comment il fallait faire pour s’adapter. C’est vraiment vers l’hiver dernier que l’on a commencĂ© Ă  savoir oĂč on pouvait emmener chaque chanson. Et le DVD est tombĂ© Ă  point nommĂ©. Il a pu concrĂ©tiser un an et demi de recherche.

Vous parlez le klokobetz couramment ?
P. : Je ne parlerai jamais le klokobetz. Je ne veux pas faire l’effort, je veux continuer à travailler la musique avec Nosfell, le climat, les compositions, les arrangements. Tout l’univers “klokochazien”, finalement, ça ne me regarde pas.

Sur certains morceaux de l’album, on sent une grosse influence folk amĂ©ricaine.
N. : C’est quelque chose avec lequel j’ai grandi. Neil Young, Joni Mitchell et, en parallĂšle aussi, des musiques folkloriques, dites traditionnelles. Mon pĂšre Ă©tait fascinĂ© par les voix des chanteuses indiennes. Ce sont les premiĂšres qui m’ont vraiment touchĂ© et impressionnĂ©. TrĂšs haut perchĂ©es avec des chƓurs, trois ou dix femmes qui chantent en mĂȘme temps. On trouve ça aussi dans la musique berbĂšre ou au Japon.

Pour composer votre deuxiĂšme album, vous partez au Mexique ! Pourquoi ?
N. : Parce qu’on ne connaĂźt pas, on a jamais mis les pieds en AmĂ©rique latine. Ça va nous faire du bien. On part tous les trois, avec Edouard Bonan (ingĂ©nieur du son du duo, ndlr). On est insĂ©parable. On va avoir la chance d’ĂȘtre logĂ© dans le centre de Mexico. J’espĂšre qu’on aura l’occasion de visiter un peu la ville.

Avant d’y aller, on s’est isolĂ© pendant une vingtaine de jours pour bien avancer le deuxiĂšme album plutĂŽt que de partir au Mexique pour Ă©crire ce disque. Nous connaissant, on aurait jamais mis les pieds dehors ! Autant s’arrĂȘter Ă  Genevilliers (banlieue parisienne, ndlr). LĂ , ça sera plus ouvert. On va voyager un peu, on a des pĂ©riples de prĂ©vu.

Vous avez mis plus de vingt ans à mûrir votre premier album, le deuxiÚme arrive bientÎt. Vous appréhendez ?
N. : Oui, il faut ĂȘtre vachement plus rĂ©actif. Je ne sais pas si je suis confiant ou si j’ai peur. ça va ĂȘtre un drĂŽle d’exercice. Ce qui compense, c’est cette expĂ©rience. Depuis trois ans, on cogite sur notre musique tous les jours. Maintenant, j’ai l’impression que j’arrive plus vite Ă  donner forme Ă  ce qu’il y a dans ma tĂȘte.

Les choses qui me font peur ont changĂ© de place. Un peu comme quand tu as un tic qui s’en va , en fait il s’est dĂ©placĂ©, il n’est plus dans l’oeil mais dans la main !

Vous ĂȘtes nommĂ©s aux Victoires de la musique, dans la catĂ©gorie musique du monde

N. : On est content. Il y a tellement de gens qui font de la musique en France et toi on te dit : “Viens”. ça fait plaisir Ă  l’ego. On a vu que Serge Teyssot-Gay (guitariste de Noir DĂ©sir, ndlr) avait Ă©tĂ© nominĂ© avec Interzone. On souhaite de tout coeur qu’ils gagnent le prix, leur travail est magnifique.

C’est l’appellation “musique du monde” qui nous gĂšne. Moi, je prĂ©fĂšre rock. AprĂšs, je ne suis pas adepte des classements. Classer, c’est bon pour les boutiques.

DVD Nosfell Live in Bruxelles (V2) 2006

Ludovic  Basque