ParisÂ
01/03/2006 -Â

RFI Musique : Que trouve-t-on sur ce DVD ?
Nosfell : On va trouver une heure et demie de concert, On a immortalisĂ© un moment. CâĂ©tait important pour nous que ce soit ce soir-lĂ parce que câĂ©tait lâavant-derniĂšre date de la tournĂ©e. On a attendu dâavoir cette connivence avec Pierre, dâĂȘtre au mieux de nos capacitĂ©s pour pouvoir enregistrer une prestation entiĂšre. Il y a aussi le premier volume dâune collection de âlizunâ (musique improvisĂ©e en klokobetz, langage imaginĂ© par Nosfell, ndlr). A chaque fois, on sâimpose un âlizunâ, on part de rien pour aller vers quelque chose. Câest toujours trĂšs diffĂ©rent.
Sur lâalbum, les morceaux peuvent ĂȘtre dĂ©routants, mais sur scĂšne ils partent franchement dans toutes les directions.
Pierre : DĂ©fendre un disque sur scĂšne, ce nâest pas forcĂ©ment le jouer. Le disque, les gens lâont ou pas mais ils font ce quâils veulent avec. Ce DVD permet vraiment de voir quâil nây a plus de tabou avec nos chansons. On peut se permettre de les Ă©tirer, les raccourcir, faire des liens entre elles mĂȘme si ça nâa pas lâair logique. On essaie de construire quelque chose entre les morceaux. Ăa nous apporte beaucoup de libertĂ©, musicalement. Le tout est dâavoir un public qui adhĂšre Ă ce genre de chose. On a de la chance, on sâest rendu compte quâil Ă©tait mĂȘme demandeur.
Pierre, combien de temps avez-vous mis pour entrer dans lâunivers de Nosfell ?
P. : On se connaĂźt depuis cinq ans. Au dĂ©but, jâĂ©tais plutĂŽt invitĂ© aux concerts. On a commencĂ© par des petits endroits, des cafĂ©s-concert, ça se faisait âĂ la rudeâ. Ensuite, on est tombĂ© dans un Ă©tĂ© de fou Ă faire la tournĂ©e des festivals et ça devenait lâenfer pour proposer quelque chose de dynamique et dâintimiste. Ăa nous a permis de comprendre comment il fallait faire pour sâadapter. Câest vraiment vers lâhiver dernier que lâon a commencĂ© Ă savoir oĂč on pouvait emmener chaque chanson. Et le DVD est tombĂ© Ă point nommĂ©. Il a pu concrĂ©tiser un an et demi de recherche.
Vous parlez le klokobetz couramment ?
P. : Je ne parlerai jamais le klokobetz. Je ne veux pas faire lâeffort, je veux continuer Ă travailler la musique avec Nosfell, le climat, les compositions, les arrangements. Tout lâunivers âklokochazienâ, finalement, ça ne me regarde pas.

Pour composer votre deuxiĂšme album, vous partez au Mexique ! Pourquoi ?
N. : Parce quâon ne connaĂźt pas, on a jamais mis les pieds en AmĂ©rique latine. Ăa va nous faire du bien. On part tous les trois, avec Edouard Bonan (ingĂ©nieur du son du duo, ndlr). On est insĂ©parable. On va avoir la chance dâĂȘtre logĂ© dans le centre de Mexico. JâespĂšre quâon aura lâoccasion de visiter un peu la ville.
Avant dây aller, on sâest isolĂ© pendant une vingtaine de jours pour bien avancer le deuxiĂšme album plutĂŽt que de partir au Mexique pour Ă©crire ce disque. Nous connaissant, on aurait jamais mis les pieds dehors ! Autant sâarrĂȘter Ă Genevilliers (banlieue parisienne, ndlr). LĂ , ça sera plus ouvert. On va voyager un peu, on a des pĂ©riples de prĂ©vu.
Vous avez mis plus de vingt ans à mûrir votre premier album, le deuxiÚme arrive bientÎt. Vous appréhendez ?
N. : Oui, il faut ĂȘtre vachement plus rĂ©actif. Je ne sais pas si je suis confiant ou si jâai peur. ça va ĂȘtre un drĂŽle dâexercice. Ce qui compense, câest cette expĂ©rience. Depuis trois ans, on cogite sur notre musique tous les jours. Maintenant, jâai lâimpression que jâarrive plus vite Ă donner forme Ă ce quâil y a dans ma tĂȘte.
Les choses qui me font peur ont changĂ© de place. Un peu comme quand tu as un tic qui sâen va , en fait il sâest dĂ©placĂ©, il nâest plus dans lâoeil mais dans la main !
Vous ĂȘtes nommĂ©s aux Victoires de la musique, dans la catĂ©gorie musique du mondeâŠ
N. : On est content. Il y a tellement de gens qui font de la musique en France et toi on te dit : âViensâ. ça fait plaisir Ă lâego. On a vu que Serge Teyssot-Gay (guitariste de Noir DĂ©sir, ndlr) avait Ă©tĂ© nominĂ© avec Interzone. On souhaite de tout coeur quâils gagnent le prix, leur travail est magnifique.
Câest lâappellation âmusique du mondeâ qui nous gĂšne. Moi, je prĂ©fĂšre rock. AprĂšs, je ne suis pas adepte des classements. Classer, câest bon pour les boutiques.
Ludovic Basque
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