Chronique album
Paris
24/03/2006 -

Attendue comme le messie après avoir représenté longtemps ce qu’il y avait de plus invendable dans le rap (imaginez, une fille !), Diam’s ne décevra pas ses fans avec ce troisième album dans la lignée de Brut de femme, le CD qui avait brisé la malédiction machiste liée à la version française de cette musique née dans les rues de New York.
L’intro parlée qui zoome sur la chambre de cette "petite banlieusarde" donne le ton du disque : un mélange d’intimisme et de grandiloquence qui fait mouche, notamment sur le premier hit qui sent bon le tube générationnel, La boulette (génération nan nan). Sur une musique dynamique signée des meilleurs beatmakers du rap français (Skred, Tefa, Maître et Elio, rien que ça), accompagnée d’un sifflet irrésistible et d’un refrain qu’on imagine scandé dans une manif’ contre le CPE, miss Diamant donne le meilleur d’elle-même, oubliant l’égotrip et lâchant des évidences adolescentes avec la sincérité qui caractérise sa plume.
Diam’s ne refuse pas de jouer la carte de la mise à nu, on le savait depuis Ma souffrance et Daddy, les deux textes les plus personnels du précédent album. Mais cette fois, elle met les bouchées doubles : T. S. parle de sa tentative de suicide, Feuille blanche de son angoisse de perdre l’inspiration et Ma France à moi du décalage entre la France d’en bas et celle des nantis, des opportunistes et des haineux. Un peu de légèreté (Jeune demoiselle), de la virtuosité verbale (Me revoilà featuring Jacky Brown) et des sons dans l’air du temps : Diam’s ne risque plus de passer inaperçue. Big up à la First Lady du hip hop !
Olivier Cachin
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