

Paris
18/04/2006 -

Il l’interprète l’année suivante lors d’un concert donné au centre culturel français de Libreville. Deux de ses amis, Michel Essonghe et Richard Onouviet, lui conseillent alors de consacrer un album entier à Gorée et à ce qu’elle représente. Quelques années plus tard, voilà qui est fait. Le nouvel album de Pierre Akendengué parle directement de l’histoire de Gorée dans quatre chansons. Dans les autres morceaux, le chanteur délaisse le thème de l’esclavage pour élargir le débat et aborder d’autres situations inquiétantes qui nient l’humanité de certains peuples.
Exil forcé
La chanson De la forêt, par exemple, décrit l’exil forcé des Pygmées au Gabon. Associé à la création de parcs nationaux, Pierre Akendengué découvre la situation des Pygmées, obligés de quitter la forêt pour aller vivre dans la savane ou la plaine. "Les Pygmées connaissent la forêt par coeur. Elle est leur vie, leur âme, leur conscience et l’ensemble de leurs savoirs. Les en faire sortir me rappelle le sort de ces milliers d’Africains sur l’île de Gorée. Même si l’échelle n’est pas du tout comparable."
Mais pourquoi aborder ce thème ardu de l’exil forcé dans un album ? Pour Pierre Akendengué, cela ne fait aucun doute : les artistes sont la voix des "sans paroles". Leur rôle est d’instaurer le dialogue et d’engager le débat. "Il ne faut pas oublier, ne pas nier certains faits, souligne-t-il. Comme en psychanalyse, il est indispensable de parler du mal pour en expulser la cause et apporter la paix intérieure." Un travail difficile à mener et qui pourtant aurait son utilité dans le monde actuel. "L’Afrique souffre encore aujourd’hui de ce crime contre l’Humanité et pourtant cette tragédie fait peu parler d’elle. La France, par exemple, vient tout juste de choisir un jour pour le souvenir de l’esclavage, le 10 mai. Les Juifs, eux, organisent eux-mêmes les commémorations de la seconde guerre mondiale et y invitent les descendants des responsables. En Afrique, nous attendons encore." Une nécessité chantée notamment dans la chanson intitulée Yemba Gorée : "Tu te souviens d’hier/Larmes et honte/ Chante, chante/Chanter, c’est le parler du cœur/Chanter, c’est une respiration."La nécessité de lutter

Mélanie Bosquet
25/03/2005 -
29/03/2002 -