Deux ans après la parution d’un premier volume consacré à l’année 1953, les éditions La Mémoire et la Mer, dirigées par Mathieu Ferré, poursuivent la réalisation d’une intégrale des enregistrements de Léo Ferré avec deux parutions spectaculaires.
D’abord, dans
1954, Le Piano du pauvre, on entend des enregistrements pour les disques Odéon et quelques enregistrements radiophoniques inédits, mais on découvre surtout son oratorio sur
La Chanson du Mal-Aimé de Guillaume Apollinaire, enregistré en public lors de son unique représentation, le 29 avril 1954 à l’Opéra de Monaco (en effet, le prince Rainier a invité le compositeur à s’y produire, puisqu’il est citoyen monégasque). Avec en outre
La Symphonie interrompue, pièce pour orchestre d’une vingtaine de minutes écrite pour l’occasion, c’est une belle occasion de découvrir l’écriture classique de Léo Ferré, à laquelle il ne reviendra plus avant les années 70.L’album consacré à l’année 1959 est tout entier constitué de passages radio de Léo Ferré, la plupart accompagnés d’une courte interview. C’est l’année où le chanteur a mis en chantier ses adaptations d’Aragon, comme
L’Etrangère, Tu n’en reviendras pas, Je chante pour passer le temps… Interprétations savoureuses de fraîcheur et de passion, sans les arrangements d’orchestre que Jean-Michel Defaye y ajoutera en 1961 et qui, pour être parfaitement dans l’oreille des familiers de Ferré, n’en semblent pas moins emphatiques, rétrospectivement. On savourera également
Sérénade de Paul Verlaine ou un étonnant
Noël de Luc Bérimont (poète… et intervieweur de Ferré à la radio) avec curieux un arrangement pour piano, ondes Martenot et saxophone…