Chronique album
Paris
19/05/2006 -

Pour le reste, Lionel Florence signe des paroles qui collent parfaitement à l’artiste, engagé. Rosa, un hommage à Rosa Spark, l’égérie de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, La machine où il dissèque l’emballement médiatique et le très juste Il voulait de l’eau expliquant les risques que peuvent prendre les boat people africains pour rejoindre l’Europe, tous ces textes simples et malins, sans tomber dans la facilité abordent effectivement des questions que les plus petits se posent. C’est là, la facette éducative du père. Le chanteur pessimiste dévoile son versant le plus sombre dans Après quoi on court ou Noir, chanson ténébreuse sur les affres de la séparation (d’avec la maman de Sean, justement…).
Musicalement, sa préférence à lui oscille entre deux styles : le rock et la new-wave. Ce qui nous vaut de belles batailles entre guitares et synthés comme sur Amen ou Las Vegas. On retrouve aussi bien sûr quelques ballades au piano mais n’attendez pas de bluettes, il s’agit à chaque fois des titres les plus graves. Pascal Obispo, bête de scène, a aussi prévu un 1980 nostalgique au diable qui devraient réunir parents et enfants lors de ces concerts. Sur cet album, il imprime surtout sa patte d’arrangeur hors pair en truffant chaque titre de mille détails étonnants et pertinents. Même les deux apparitions de Melissa Mars sonnent tout à fait juste, c’est dire ! Avec les Fleurs du bien, Pascal Obispo signe un nouvel album de variété française de très haute qualité ? Que ça plaise ou non, il reste le maître incontestable du genre.
Ludovic Basque
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