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Flashback Johnny

Hallyday en tubes


Paris 

09/06/2006 - 

Johnny Hallyday vient de débuter sa tournée Flashback. L'occasion de présenter après les colossales intégrales studio (en 1993) et en public (en 2003), l’intégrale des singles de Johnny. Un objet effarant de 276 CD et pas loin de quinze kilos.



Un tube ? C’est une chanson et un moment dans l’histoire. Mais c’est aussi un objet. Et tous les tubes d’Hallyday ont été attrapés sans soin par le gros trou central, ont fini par perdre leur pochette ou par voir Johnny avec deux grosses marques de feutre noir dans les yeux et "ce disque est à Titi" au verso – les tubes sont des 45 tours. Singles Collection est une longue traversée du Johnny Hallyday des tubes : les tubes réels et avérés, les "aurait dû être un tube", les "aurait pu être un tube"… Cinq cents titres sur 276 CD singles, reproduisant les pochettes des 45 tours puis des CD singles originaux, dans une spectaculaire "tour" que l’on passe des heures à explorer, une fois maîtrisé le système de classement et de rangement des disques.

Donc on trouve tout, du 45 tours deux titres T’aimer follement/Laisse les filles sorti chez Vogue le 14 mars 1960, au CD single La Paix/Elle s’en moque, son dernier disque Universal paru le mois dernier. Ce recueil de quarante-six ans de single ne raconte pas seulement la carrière artistique de Johnny, mais aussi l’histoire du "format court" : coexistence des 45 tours quatre titres et deux titres, apparition des 45 tours destinés uniquement aux juke-box et qui présentent deux faces A, arrivée du CD single, effacement progressif du "format court" .

Trois ans après L’Intégrale live en 43 CDs qui écrivait l’histoire des concerts de Johnny, c’est maintenant son histoire industrielle. Histoire visuelle évidemment, avec ces centaines de pochettes originales reproduites. Il se trouve que les singles sont des objets de consommation courante et rapide – voire immédiate. Cela explique les visuels de pochette parfois paresseux, les lettrages sans grâce et parfois les objets proches du kitsch : Johnny au milieu des gosses pour Noël interdit en 1973 ou la "cucuterie" de la pochette de Douce violence en tirage limité pour les invités d’une soirée à l’Olympia en 1961 – un objet d’une rareté folle, pourtant traqué par les collectionneurs.

Mais tout single n’est pas un tube, tant s’en faut. Une maison de disques raisonnable ne sort une chanson en format court que si elle croit en ses possibilités de passer à la radio et de séduire un large public. Aussi retrouve-t-on sous cette forme des chansons un peu à part dans la discographie de Johnny, comme le générique un peu tartignolle des Chevaliers du ciel ou le couplage de Rock’n’roll Man et Oh ! ma jolie Sarah (en face B !) pour un 45 tours offert par une marque de fromage à ses acheteurs…

Johnny polyglotte


Et, parmi tous ces singles sortis avec l’espoir du succès, il y a tous les singles étrangers, dont la série commence avec une version en anglais de Souvenirs souvenirs, sortie le 3 juin 1960 – moins de trois mois après son premier 45 tours. Il est vrai que c’est l’époque où sa maison de disques laisse croire que Johnny Hallyday vient des Etats-Unis et où il parle dans ses interviews de son enfance dans un ranch… Suivront vingt-six autres 45 tours enregistrés dans une langue étrangère. Il est vrai qu’un 45 tours d’exportation ne demande pas un très lourd investissement : quelques séances de répétition, une courte session d’enregistrement et tout est, ensuite, affaire de promotion. Au pire, c’est un échec. Au mieux, c’est un succès énorme, comme Joe Dassin et Mike Brant les construisirent en allemand ou en italien.

Outre l’anglais, langue originale d’une bonne partie de son répertoire, Johnny se met tôt à l’allemand, comme avec comme avec Mein Leben fangt erst richtig an, adaptation plutôt réussie de Pour moi la vie va commencer. D’ailleurs, l’allemand sied bien aux raucités de sa voix, comme avec Das alte Haus in New Orleans (Le Pénitencier). Il va d’ailleurs enregistrer en 1965, avec les Rattles, groupe rock allemand, deux chansons qui ne sont pas des reprises de son propre répertoire français, Lass die Leute doch reden et It’s Monkeytime. En revanche, il n’est pas toujours pleinement convaincant en italien, comme avec Queste mie mani (Entre mes mains) en 1968. Mais il finit par conquérir une fluidité et un engagement suffisants pour y devenir presque aussi convaincant qu’en français, comme dans Quanto ti amo (Que je t’aime) l’année suivante ou Hey, Lovely Lady en 1976.

Mention spéciale au single sans aucune autre indication que le nom de Johnny Hallyday, paru en 1965 en Turquie : Altin Yüsük et Yebil Gözleri yçin, versions bilingues de Mon anneau d’or et de Ne joue pas ce jeu-là, parues à l’occasion d’une tournée avec Sylvie Vartan sur les rives du Bosphore, et dont certaines sources contestaient récemment l’existence. En effet, il n’en reste pas plus de deux ou trois exemplaires chez les collectionneurs, et aucun document officiel n’en éclaire la carrière.

Johnny Hallyday Singles Collection 276 CDs (Universal) 2006
Jusqu'au 4 juillet 2006 au Palais des Sports à Paris

Bertrand  Dicale