Montréal
08/06/2006 -

Et puis il y a les deux salles rock, elles aussi toutes proches : le Spectrum et le Métropolis, temples dédiés aux décibels et aux soirées surchauffées. Ces dernières années, M ou Bashung les ont enflammées. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, des scènes en plein air ont été installées un peu partout sur le site. Chacune a son identité : chanson, rock, hip hop, world, variété… Pendant une semaine, des dizaines de milliers de festivaliers vont ainsi déambuler d’une scène à l’autre, se laissant guider par l’instinct et l’envie. Car dehors, les spectacles sont gratuits ; ils s’enchaînent avec une régularité de métronome et une précision d’horloger suisse. Nous sommes pourtant bel et bien au Canada.
Ou plus exactement au Québec, et la précision n’est pas anodine. Car ici, dans cet îlot francophone perdu au milieu d’un océan anglo-saxon, on organise la résistance culturelle et linguistique. Vous aurez deviné que les Francofolies sont une arme essentielle du combat. D’abord par leur importance (elles sont ni plus ni moins le plus gros festival de chanson francophone au monde). Ensuite par leur état d’esprit (ne pas se contenter d’empiler les concerts, mais susciter les découvertes et les croisements artistiques) ; enfin par leur ouverture. Aux côtés des chanteurs français et québécois, on y attend en effet cette année des artistes maliens, ougandais, suisses, haïtiens, belges, marocains… Et l’on peut déjà parier qu’il y aura foule pour les écouter : le public montréalais a ceci de particulier qu’il est curieux, toujours avide de découvertes. Ni rassasié, ni blasé. Il participe largement à la réussite de l’entreprise.
Valérie Lehoux
07/08/2001 -