Paris
29/06/2006 -
Elisabeth Kontomanou

Née en France d’une mère grecque et d’un père guinéen, Élisabeth a toujours voulu être chanteuse, émerveillée dès l’âge de 4 ans par la Callas vue à la télé. Autodidacte revendiquée, ses anges gardiens s’appellent Ella Fitzgerald et Charles Mingus. Et c’est bien du côté des Etats-Unis qu’il faut chercher pour comprendre ce qui fait le succès de ces "jazz ladies" de ce côté-ci de l’atlantique. Elles sont toutes passées par New York. "Je ne chanterai pas cette musique aujourd’hui si je n’avais pas été à la rencontre des musiciens et des clubs new-yorkais" affirme Elisabeth Kontomanou, et c’est un avis partagé par toutes.
Mina Agossi

Affranchie de la formule traditionnelle et glamour, voix, piano et sans prétention de performance technique, le timbre mutin de cette fille électron libre dans le milieu si petit et déchiré de la famille du jazz français est rafraîchissant et follement énergisant. Le prestigieux label anglais Candid records ne s’y est pas trompé et l’a signée, aux côtés de ses deux stars Stacy Kent et Jamie Cullum.
Anne Ducros

Choix artistique mais aussi marketing. Car depuis le succès interplanétaire de Diana Krall, toutes les maisons d’édition de jazz veulent surfer sur la vague. Et la formule blanche-blonde à la voix de velours, associée aux meilleurs pianistes, a rencontré massivement le public. Un tandem éternel chant-piano que Anne Ducros, la plus grande musicienne et technicienne d’entre elles toutes, a su réinventé avec son incontournable et sa fameuse formule piano-piano où elle s’offre les collaborations de Chick Coréa, Jacky Terrasson, Enrico Pieranunzi, René Urtreger et Benoît de Mesmay !
C’est ainsi qu’en quelques années, les labels ont tous signé leurs chanteuses. Anne Ducros est chez Dreyfus/Sony, Elisabeth Kontomanou chez Nocturne, Mina Agossi a accepté les avances de Candid. Tandis que Sara Lazarus, la plus française des chanteuses américaines débarquée à Paris au milieu des années 80, a récemment sorti chez Dreyfus également son premier album tant attendu.
Locomotives de leur maison de disques, en tête des ventes devant leurs camarades instrumentistes, les filles qui travaillent en France oseront elles faire tomber un dernier tabou : chanter en français ? Elisabeth Kontomanou et Mina Agossi semblent prêtes à relever le défi. Une façon d’affirmer leur singularité et leur talent car si il y a une chose qu’elles partagent résolument avec les musiciens de la scène hexagonale, c’est bien l’éclectisme et la créativité. Glamour, les filles ? Toujours… mais surtout des artistes à part entière à qui il a fallu faire une place et dont le milieu aujourd’hui, a besoin pour (sur)vivre et respirer !
Valérie Nivelon
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