Chronique album
Paris
13/09/2006 -

Le voyage commençait pourtant plutôt bien avec La rescousse, hymne rocksteady de l’homme fraîchement amoureux. Puis vint Bizness et ses bonnes surprises : un refrain tape à l’oreille, des guitares saturées, un passage électro. Même Mines d’ordures, inspiré d’un superbe (et terrifiant) reportage photo de Paul Antoine Pichard, finit par emporter l’adhésion. Mais ensuite les trous d’air perturbent sérieusement l’écoute. Le passage au-dessus d’Enfant soldat se révélant le moment le plus éprouvant. Le titre suit le couloir "chanson française" pour finalement s’écraser au bout de la piste "variété quelconque".
Dommage car K2R Riddim possède des qualités techniques irréprochables. L’intégration des deux nouveaux membres de l’équipage, Lord Bitum et Timike, ne change pas la donne. Comme à chaque fois, le groupe explore avec talent les différents âges d’or du reggae. Les trois dubs (morceaux instrumentaux, ndlr) qui parsèment cette traversée, alignent basse ronde et cuivres entraînants. Les Cergynois n’oublient pas non plus qu’à sa naissance, le reggae a beaucoup tété de soul américaine. En l’espace de deux titres, la trompettiste, Dorothée, nous présente un mélange des genres convaincant (et un accent so frenchy à faire frémir n’importe quel professeur d’anglais !).
Côté parole, le groupe ne ménage pas non plus sa peine. Quand on les classe musique festive, ils répondent : conscience. Pauvreté, guerre, homophobie, les chanteurs abordent les sujets les plus graves, sans jamais se départir d’un humanisme touchant.
Un peu trop sage, un peu trop appliqué, K2 Airlines sonne comme une semi-déception. Mais attention, une fois sur scène, ces morceaux risquent de prendre une toute autre mesure.Ludovic Basque
28/05/2001 -
28/06/1999 -