ParisÂ
17/11/2006 -Â

RFI Musique : KĂ€lin bla lemsnit dĂŒnfel labyanit est un vĂ©ritable album de groupeâŠ
Nosfell : Câest plutĂŽt un album de duo, je dirais, mĂȘme si câest vrai que mon univers est plus en avant. (Il hĂ©site) Ăa va aussi avec ce que fait Pierre depuis toujours ; il a souvent Ă©tĂ© accompagnateur.
Pierre Le Bourgeois : Oui et jây trouve mon compte. Je crois avoir rĂ©ussi Ă me retrouver dans son travail. Ce qui nous a permis de construire ce duo et de le souder de plus en plus. Au dĂ©but, on ne sâest pas du tout dit : "LĂ , on va faire un album en duo". Avec le temps, câest juste devenu notre maniĂšre de fonctionner. Lui propose, et puis aprĂšs, ensemble, on discute de la direction Ă prendre et des arrangements.
Pomaïe klokochazia balek, le premier album, était une présentation du Klokochazia, le monde imaginaire dont vous prétendez venir. Ce deuxiÚme album correspond à quoi ?
N : On entre plus dans lâunivers. Par exemple, le fait que Michal Zori (ndlr : qui a rĂ©alisĂ© la pochette de lâalbum) propose une illustration, ça donne une couleur. Il y a un cĂŽtĂ© Ă©pique, baroque. Ce quâon a dâailleurs beaucoup dĂ©veloppĂ© avec Pierre, musicalement.
P. LB : On voulait de suite amener lâauditeur dans ce quâon avait Ă lui raconter. Pour nous, le premier titre, câest presque un gĂ©nĂ©rique. Câest une minute dâouverture pendant laquelle on dit : "Maintenant, on en est lĂ , on part de ça". On est sur le deuxiĂšme album, on ne doit plus se payer le luxe de dire :"Amenons les gens Ă lâintĂ©rieur, faisons leur accepter progressivement les choses". Maintenant, les choses sont dites, elles existent, il nây a plus quâĂ les assumer.
Lâalbum est dĂ©coupĂ© en trois parties. Que racontent-elles ?
N: La premiĂšre partie annonce lâarrivĂ©e dâun chevalier qui va imposer sa loi dans une rĂ©gion particuliĂšre de Klokochazia. Ce chevalier a une allure impressionnante (il mime), son nom est GĂŒnel, et il a des chiens, les chiens de GĂŒnel. La deuxiĂšme partie correspond au moment oĂč, menacĂ© par GĂŒnel, Nosfell va fuir et trouver une porte de sortie. A cet instant, il y a toute une pĂ©riode de doutes, de frayeurs, et de questionnements : est-ce quâon va y arriver par soi-mĂȘme ? Est-ce quâon va faire les bonnes rencontres ? DâoĂč le cĂŽtĂ© brut des arrangements.
La troisiĂšme partie est plus apaisĂ©e, câest un retour sur soi. Le personnage de Nosfell va se laisser prendre par une sorte de torpeur. Sur le dernier morceau, il va rentrer chez lui.

Comment sâest dĂ©roulĂ© lâenregistrement ?
N : Dans un premier temps on est parti en Bretagne. On sâest enfermĂ© pendant trois semaines dans une maison. On avait chacun notre petite chambre, chacun notre petit atelier.
P. LB : CâĂ©tait une espĂšce de "luxe roots", en fait. On nâĂ©tait pas dans un studio, on nâavait pas des moyens Ă©normes. Ce quâon avait exigĂ© pour avoir un confort dâĂ©criture, câĂ©tait dâavoir chacun notre ingĂ©nieur du son. Avec eux, on a formĂ© une espĂšce de quatuor : chacun Ă©tait disponible pour Ă©crire et pour faire des essais. La journĂ©e, on ne se voyait pas trop. Le soir, par contre, on faisait Ă©couter aux autres ce quâon avait fait. Ce qui nous a permis, par moment, de vraiment se planter et aussi de prendre du recul par rapport aux morceaux.
Vous ĂȘtes Ă©galement parti au Mexique pour prĂ©parer lâalbum. Pourriez-vous me dĂ©crire lâambiance ?
N : On avait des conditions humaines splendides. Mais, les conditions dâenregistrements Ă©taient disons, assez roots. (Il hĂ©site)
P. LB : CâĂ©tait une piĂšce !
N : (Rires) Oui, câĂ©tait une piĂšce. On Ă©tait dans une belle maison, en chaux, sur les hauteurs de Mexico, dans un endroit qui sâappelle El Desierto de los Leones. Et on Ă©tait dans une chambre de 12 mĂštres carrĂ©s.
P.L.B : Mais trĂšs bien faite ! (Rires)
N : La personne qui nous accueillait était artiste-plasticien, elle avait beaucoup de matériel à disposition.
P.L.B : Alors, elle a sorti les pistolets Ă colle, elle a mis de la mousse partout et elle nous a fait une vĂ©ritable piĂšce dâenregistrement. Elle avait vraiment d'une gĂ©nĂ©rositĂ© incroyable.

Bertrand Belin et le saxophoniste Peter Corser apparaissent sur quelques morceaux. Comment se sont déroulées ces collaborations ?
N : Bertrand fait une intervention sur Le long sac de Pierre, il fait la petite mĂ©lodie qui est sifflĂ©e Ă la fin. Et malheureusement pour lui, il intervient sur le quatorziĂšme morceau. Celui quâon nâa pas gardĂ©. Peter, lui, est un trĂšs bon ami de Pierre.
P.L.B : Câest un musicien de free jazz. Donc, on nâallait pas lui demander de faire un pupitre de big band. En fait, nous avons dit, en Ă©coutant les morceaux : "Peter devrait avoir quelque chose Ă dire lĂ -dessus" ou "Sur celui-ci, il devrait sans doute trouver quelque chose". On lâa donc laissĂ© travaillĂ© pendant une journĂ©e en OVNI et aprĂšs, on a choisi les prises avec lui.
Comment va Ă©voluer lâunivers de Nosfell sur scĂšne ?
N : (Grand sourire. Il improvise une sorte de jingle interrogatif). Ta-laaaaaaaaaaaa ?!?
P. LB : On veut avant tout que la scĂšne reste un moment unique. Que les gens ne sachent pas ce quâils vont prendre dans les yeux, quâil nâ y ait pas quelque chose dâĂ©crit, de formatĂ© mais des musiciens qui luttent, qui se battent. Qui cherchent en permanence.
Bastien Brun
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