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Nosfell, episode II

Klokochazia music


Paris 

17/11/2006 - 

Nosfell et Pierre Le Bourgeois n’ont pas chaumĂ©. Six mois Ă  peine aprĂšs la sortie du live qu’ils ont enregistrĂ© Ă  Bruxelles, le chanteur et son violoncelliste reviennent avec KĂ€lin bla lemsnit dĂŒnfel labyanit. Un deuxiĂšme album chantĂ© en français, anglais et klokobetz oĂč l’univers baroque de Nosfell prend vĂ©ritablement toute sa dimension musicale. Interview Ă  deux voix.



RFI Musique : KĂ€lin bla lemsnit dĂŒnfel labyanit est un vĂ©ritable album de groupe

Nosfell : C’est plutĂŽt un album de duo, je dirais, mĂȘme si c’est vrai que mon univers est plus en avant. (Il hĂ©site) Ça va aussi avec ce que fait Pierre depuis toujours ; il a souvent Ă©tĂ© accompagnateur.
Pierre Le Bourgeois : Oui et j’y trouve mon compte. Je crois avoir rĂ©ussi Ă  me retrouver dans son travail. Ce qui nous a permis de construire ce duo et de le souder de plus en plus. Au dĂ©but, on ne s’est pas du tout dit : "LĂ , on va faire un album en duo". Avec le temps, c’est juste devenu notre maniĂšre de fonctionner. Lui propose, et puis aprĂšs, ensemble, on discute de la direction Ă  prendre et des arrangements.

PomaĂŻe klokochazia balek, le premier album, Ă©tait une prĂ©sentation du Klokochazia, le monde imaginaire dont vous prĂ©tendez venir. Ce deuxiĂšme album correspond Ă  quoi ?
N : On entre plus dans l’univers. Par exemple, le fait que Michal Zori (ndlr : qui a rĂ©alisĂ© la pochette de l’album) propose une illustration, ça donne une couleur. Il y a un cĂŽtĂ© Ă©pique, baroque. Ce qu’on a d’ailleurs beaucoup dĂ©veloppĂ© avec Pierre, musicalement.
P. LB : On voulait de suite amener l’auditeur dans ce qu’on avait Ă  lui raconter. Pour nous, le premier titre, c’est presque un gĂ©nĂ©rique. C’est une minute d’ouverture pendant laquelle on dit : "Maintenant, on en est lĂ , on part de ça". On est sur le deuxiĂšme album, on ne doit plus se payer le luxe de dire :"Amenons les gens Ă  l’intĂ©rieur, faisons leur accepter progressivement les choses". Maintenant, les choses sont dites, elles existent, il n’y a plus qu’à les assumer.

L’album est dĂ©coupĂ© en trois parties. Que racontent-elles ?
N: La premiĂšre partie annonce l’arrivĂ©e d’un chevalier qui va imposer sa loi dans une rĂ©gion particuliĂšre de Klokochazia. Ce chevalier a une allure impressionnante (il mime), son nom est GĂŒnel, et il a des chiens, les chiens de GĂŒnel. La deuxiĂšme partie correspond  au moment oĂč, menacĂ© par GĂŒnel, Nosfell va fuir et trouver une porte de sortie. A cet instant, il y a toute une pĂ©riode de doutes, de frayeurs, et de questionnements : est-ce qu’on va y arriver par soi-mĂȘme ? Est-ce qu’on va faire les bonnes rencontres ? D’oĂč le cĂŽtĂ© brut des arrangements. 
La troisiĂšme partie est plus apaisĂ©e, c’est un retour sur soi. Le personnage de Nosfell va se laisser prendre par une sorte de torpeur. Sur le dernier morceau, il va rentrer chez lui.

Comment s’est dĂ©roulĂ© l’enregistrement ?
N : Dans un premier temps on est parti en Bretagne. On s’est enfermĂ© pendant trois semaines dans une maison. On avait chacun notre petite chambre, chacun notre petit atelier.
P. LB : C’était une espĂšce de "luxe roots", en fait. On n’était pas dans un studio, on n’avait pas des moyens Ă©normes. Ce qu’on avait exigĂ© pour avoir un confort d’écriture, c’était d’avoir chacun notre ingĂ©nieur du son. Avec eux, on a formĂ© une espĂšce de quatuor : chacun Ă©tait disponible pour Ă©crire et pour faire des essais. La journĂ©e, on ne se voyait pas trop. Le soir, par contre, on faisait Ă©couter aux autres ce qu’on avait fait. Ce qui nous a permis, par moment, de vraiment se planter et aussi de prendre du recul par rapport aux morceaux.

Vous ĂȘtes Ă©galement parti au Mexique pour prĂ©parer l’album. Pourriez-vous me dĂ©crire l’ambiance ?
N : On avait des conditions humaines splendides. Mais, les conditions d’enregistrements Ă©taient disons, assez roots. (Il hĂ©site)
P. LB : C’était une piĂšce !
N : (Rires) Oui, c’était une piĂšce. On Ă©tait dans une belle maison, en chaux, sur les hauteurs de Mexico, dans un endroit qui s’appelle El Desierto de los Leones. Et on Ă©tait dans une chambre de 12 mĂštres carrĂ©s.
P.L.B : Mais trĂšs bien faite ! (Rires)
N : La personne qui nous accueillait Ă©tait artiste-plasticien, elle avait beaucoup de matĂ©riel Ă  disposition.
P.L.B : Alors, elle a sorti les pistolets Ă  colle, elle a mis de la mousse partout et elle nous a fait une vĂ©ritable piĂšce d’enregistrement. Elle avait vraiment d'une gĂ©nĂ©rositĂ© incroyable.

Bertrand Belin et le saxophoniste Peter Corser apparaissent sur quelques morceaux. Comment se sont déroulées ces collaborations ?
N : Bertrand fait une intervention sur Le long sac de Pierre, il fait la petite mĂ©lodie qui est sifflĂ©e Ă  la fin. Et malheureusement pour lui, il intervient sur le quatorziĂšme morceau. Celui qu’on n’a pas gardĂ©. Peter, lui, est un trĂšs bon ami de Pierre.
P.L.B : C’est un musicien de free jazz. Donc, on n’allait pas lui demander de faire un pupitre de big band. En fait, nous avons dit, en Ă©coutant les morceaux : "Peter devrait avoir quelque chose Ă  dire lĂ -dessus" ou "Sur celui-ci, il devrait sans doute trouver quelque chose". On l’a donc laissĂ© travaillĂ© pendant une journĂ©e en OVNI et aprĂšs, on a choisi les prises avec lui.

Comment va Ă©voluer l’univers de Nosfell sur scĂšne ?
N : (Grand sourire. Il improvise une sorte de jingle interrogatif). Ta-laaaaaaaaaaaa ?!?
P. LB : On veut avant tout que la scĂšne reste un moment unique. Que les gens ne sachent pas ce qu’ils vont prendre dans les yeux, qu’il n’ y ait pas quelque chose d’écrit, de formatĂ© mais des musiciens qui luttent, qui se battent. Qui cherchent en permanence. 

Nosfell KĂ€lin bla lemsnit dĂŒnfel labyanit (V2) 2006. 
>En tournée en France et en concert au Centre Georges-Pompidou à Beaubourg / Paris les 8 et 9 décembre prochains

Bastien  Brun