Chronique album
Paris
28/11/2006 -

Dix-sept pièces complètement azimutées qui abordent souvent le thème de la mort, mais à la mode mexicaine, comme une partie essentielle de la vie. Le titre Mexico naît d’ailleurs d’un fait divers : une femme tue son mari avant d’emmener ses enfants au Mexique. La plupart des chansons débutent de façon abrupte, comme lors d’une répétition. Cette patte "fait maison" sonne chaleureusement au tympan. Affranchi des règles du calibrage, Jean Leclerc lorgne vers le hip hop dans Ice-cream, le psychédélisme avec Everybody wants to leave voire le jam dub (tout seul !) en guise de final sur No money no home. L’univers du chanteur reste toujours aussi fantasque, entre clins d’œil à Lou Reed (Tangerine) ou déclamation de poèmes surréalistes.
Selon Jean Leclerc lui-même, Mexico est l’album le moins "têteux" de sa carrière. Le Québécois, dorénavant cinéaste, l’a conçu comme le compagnon idéal de la ménagère, qui entonnera ravie chaque jour le refrain imparable du Malheur. Mais l’artiste ne se contente pas de s’ébattre dans le délire, il se confie, certainement comme jamais encore, sur Les amours mortes, chanson aussi belle qu’intimiste. Bâti en marge du système, ce Mexico aussi sincère que revigorant n’est malheureusement disponible qu’au Québec. Les ressortissants des autres pays se rueront sur le site internet du Roi Ponpon, la compagnie de Jean Leclerc.
Ludovic Basque
19/05/1999 -