Paris
15/02/2007 -
Une musique omniprésente

La Môme n’est pas une comédie musicale ni un film mis en musique. La Môme, ce serait plutôt une musique mise en image. "Edith Piaf, êtes-vous heureuse ?" lui demande un journaliste lors d’une interview. Silence de la chanteuse puis réponse… "Je suis heureuse quand je chante". Il est dès lors évident que Piaf n’existe qu’en chanson, que par la chanson et que pour la chanson. Olivier Dahan l’a bien compris et c’est ce qu’il tente de nous montrer pendant plus de deux heures.
Rares sont les moments dans le film où il n’y a pas de musique : chansons de Piaf bien sûr, mais aussi tubes de l’époque ou simple fond sonore : une air au piano, un disque qui tourne, une boîte à musique… notre oreille est constamment sollicitée. En nous enveloppant de petites mélodies incessantes, Olivier Dahan nous fait comprendre que l’univers de Piaf n’existe et ne se justifie que par la musique.
Toutes les grandes étapes, tous les grands moments de sa vie sont donc racontés en chanson : Milord, L’Hymne à L’amour, Mon Dieu, Padam, La Vie en Rose accompagnent inlassablement son ascension, ses souffrances, les combats de Marcel Cerdan et la mort tragique du boxeur. Mais il y a aussi quelques rares scènes où la musique est absente, notamment dans les derniers moments de sa vie. "Si je ne chante pas je meurs" dit Piaf. Dahan le sait et l’absence de musique sur les dernières images marque inévitablement la fin de la légende à la voix d’or. On regarde donc lentement disparaître Piaf… en silence.
Emilie Munera