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Mass Hysteria

Retour en masse


Paris 

10/04/2007 - 

Ils fĂȘtent leurs 10 ans d’existence. AprĂšs un passage Ă  vide ayant consumĂ© album controversĂ©, label et guitariste, les Mass Hysteria ont retrouvĂ© l’énergie brute. Une somme de dĂ©tails s’est fait en un temps record et a remis les pendules Ă  l’heure. Plus que jamais l’hystĂ©rie collective est un cocktail explosif de riffs saignants et de rythmes tendus. Rencontre.



RFI Musique : Quel bilan avez-vous tirĂ© des critiques du disque prĂ©cĂ©dent ?
Mouss (chant)
: C’est le reflet d’une Ă©poque minĂ©e par une ambiance maniaco-dĂ©pressive. Un jour ça va, l’autre plus. AprĂšs coup, ça reste un super album dont la production mĂ©riterait une rĂ©vision. C’est une expĂ©rience qui fait partie de notre lĂ©gende personnelle.
StĂ©phane (basse) : Nous n’étions pas habituĂ©s Ă  des critiques aussi virulentes. C’est clair. Mais d’une certaine façon, il Ă©tait nĂ©cessaire d’aller dans cette direction, aux extrĂȘmes, pour mieux revenir Ă  ce que nous sommes.

Ensuite, vous avez quittĂ© le label Wagram, pourquoi ?
StĂ©phane : Ils ont Ă©coutĂ© les bandes d’Une somme de dĂ©tails et en gros, nous ont rĂ©pondu : "Est-ce que vous pouvez nous faire quelque chose de plus rock et commercial ?" On a repris nos bandes et on est parti. Il faut reconnaĂźtre que pour eux, notre musique Ă©tait difficile Ă  travailler.

Vous Ă©tiez alors sans label. Comment avez-vous vĂ©cu ce retour au statut de groupe qui a tout Ă  prouver ?
Mouss : Nous Ă©tions dĂ©terminĂ©s et prĂȘts Ă  l’auto-produire.
StĂ©phane : L’enregistrement a d’ailleurs commencĂ© sans label. Nous nous sommes dĂ©brouillĂ©s avec des gens de confiance. Fred, le producteur, a par exemple acceptĂ© de se faire payer plus tard. At(h)ome s’est ensuite manifestĂ© et nous avons acceptĂ© car l’équipe sait travailler le terrain.

Vous fĂȘtez vos 10 ans d’existence. Ce retour Ă  une musique puissante, est-il une façon de rĂ©affirmer votre identitĂ© ?
Stephane : Ce n’est clairement pas le mĂȘme groupe qu’il y a deux ans. La composition du disque prĂ©cĂ©dent nous a pris deux ans. La dĂ©mo d’Une somme de dĂ©tails s’est faite en trois mois, comme Ă  nos dĂ©buts. On sait ce que l’on fait bien, ce que l’on fait moins, le groupe est en place avec en plus un nouveau guitariste.
Mouss : On a retrouvĂ© une osmose, le plaisir de faire de la musique, de faire la fĂȘte avec nos amis et d’aimer nos femmes. Toute cette Ă©nergie Ă©picurienne est un symbole de vie.
RaphaĂ«l (batterie): Ce disque est beaucoup plus dynamique et percutant, sans concession.

Le titre Nous sommes bien et les voix d’enfants sur Je ressens renvoient Ă  cet Ă©tat d’esprit ?
Mouss : Bien sĂ»r. Il faut relativiser. Dans ce contexte social assez dĂ©primant, on vit correctement de notre musique. Difficile de se plaindre. Sur Je ressens, c’est l’enregistrement d’un passage imprĂ©vu de ma fille au studio. Pour Nous sommes bien, nous avons pris une journĂ©e avec ces enfants, les nĂŽtres. Ils ont pu voir et comprendre ce que l’on faisait. Cet album respire tout ça, ce retour Ă  une vie sociale riche.

Si la musique renvoie Ă  votre second album Contraddiction, la pochette de Une somme de dĂ©tails mĂȘlant corps nu et handicap y fait aussi penser. C’est un clin d’Ɠil ?
Mouss : On travaille avec Laurent Seroussi depuis longtemps. La pochette de De cercle en cercle, c’est aussi lui. Bien sĂ»r qu’il y a une cohĂ©rence.
StĂ©phane : C’est la premiĂšre fois qu’une femme est sur une de nos pochettes. J’aime sa contradiction avec la musique. Au premier regard, c’est beau. Ensuite


Le dernier morceau Briller pour toi est un hommage au bassiste disparu du groupe nantais Dolly. Comment s’est faite la collaboration avec la chanteuse Manu Monnet ?
Mouss : J’avais dans l’idĂ©e de parler d’un pote que je venais de perdre, Micka, dans une sorte de morceau post-mortem. Je voulais une voix fĂ©minine. Je lui en ai donc parlĂ©, elle a Ă©tĂ© enchantĂ©e. Moi, c’est le rĂ©sultat qui m’a bluffĂ©. Elle a dĂ©passĂ© les bribes que j’avais Ă©crites pour en faire un titre avec un texte et une mĂ©lodie intense.

Quel regard portez-vous sur la scĂšne rock française et la vague des baby-rockers ?
Mouss : Comme dit Yann (guitariste), ils ressemblent aux Chaussettes Noires avec un cĂŽtĂ© trĂšs parisien. Ce n’est pas mauvais en soi mais quand ils se revendiquent des Stooges en secouant gentiment la mĂšche, je suis sceptique.
StĂ©phane : C’est gĂ©nial que des gamins fassent de la musique. Ce qui me gĂȘne, c’est tout le crĂ©dit que l’on y porte.

La sortie du disque se fait juste avant le premier tour des prĂ©sidentielles, qu’est-ce que propose le candidat Mass Hysteria ?
RaphaĂ«l : C’était possible de faire correspondre les dates, tant mieux.
Mouss : De l’argent et du pouvoir aux associations, une augmentation du salaire moyen, arrĂȘter les dĂ©missions face Ă  la jeunesse qui se gaspille dans la violence
 Ce que l’on donne de mieux, c’est notre Ă©nergie et notre positive attitude. Je crois qu’encore une fois, on a rempli notre contrat.

Mass Hysteria Une somme de dĂ©tails  (At(h)ome) 2007.
En concert l
e 10 avril 2007 au Nouveau Casino à Paris et ensuite en tournée


Pascal  Bagot