Paris
04/07/2007 -
Il existe un territoire à mi-chemin du Nordeste et de l’Occitanie, comme pour narguer la géographie. Les Bombes 2 Bal chantent et dansent, entre forro brésilien et musique traditionnelle jouée jadis dans les villages du Sud Ouest. Quatre filles et deux garçons qui chantent les plaisirs de la danse collective, l’indispensable sieste, le souvenir du grand-père, les charmes de la langue occitane, tout un univers plus truculent que nostalgique, plus fantaisiste que "trad".

Invitation à la danse et au chant
Car les Bombes 2 Bal sont des artistes de scène mais animent aussi des stages, interviennent dans les maisons de retraite ou les prisons, débarquent dans les villages ou dans les quartiers avec une sorte de fête clés en main : des musiques implacablement dansantes, des chansons aux refrains simplissimes et le plaisir de faire danser tous et chacun. Alors que les artistes en général ne se mêlent guère au public, les Bombes 2 Bal descendent de la scène pour inviter les spectateurs à la danse, les entrainer dans la ronde, les faire chanter.
Une approche à la fois évidente et révolutionnaire, dans un pays où la danse a fini par être cantonnée aux boîtes de nuit. "C’est notre histoire de centralisme culturel, explique Lise. D’autres pays aussi riches que la France n’ont pas le même statut pour le folklore. Le cas est assez unique dans le monde développé, d’un tel reniement des langues et des folklores." Et, après Claude Sicre, les Bombes 2 Bal mènent combat contre l’idée que la danse collective est forcément ringarde ou rétrograde, que les langues régionales sont forcément soit réactionnaires, soit gauchistes, mais qu’elles peuvent simplement se propager et vivre simplement par l’échange quotidien.
Bal indigène

Le nouvel album, Bal indigène, est moins ouvertement nordestin et affiche "beaucoup plus d’occitan, comme le dit Lise Arbiol. Mais nous ne sommes pas tous d’origine occitane. Nous n’avons pas du tout un discours de racines ou le discours de gens qui sont nés là-dedans. Il y a autant d’occitan parce qu’on vit là et qu’on a envie de prendre en compte les folklores et les cultures qui composent la culture française. C’est dans ce sens-là qu’on dit "bal indigène" : pas au sens ou l’on est né ici. Mais parce que le bal qu’on fait est enrichi de tout ce qui constitue la culture du lieu telle qu’on la vit – un quartier qui a été le premier quartier d’immigration nord-africaine à Toulouse, dans lequel on joue souvent avec des Berbères dans la rue, mais aussi des gens du Nord." Et Aurélie Neuville ajoute : "Notre bal est arnaudbernardien. Il n’y a pas que des gens qui sont nés à Arnaud-Bernard : il y a les gens qui sont d’ici et d’aujourd’hui."
Bertrand Dicale
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