ParisÂ
19/09/2007 -Â

Il sentait "un poids sur sa tĂȘte". Donner un successeur Ă Baro, paru en 2001, nâa pas Ă©tĂ© une entreprise si simple Ă mener pour Habib KoitĂ©. "Tu peux voir mes cheveux : ils sont blancs maintenant !", fait-il remarquer dâun air amusĂ©. "Quand on mâa rĂ©clamĂ© un nouvel album, jâĂ©tais surpris. Câest passĂ© si vite", poursuit le chanteur.
De tous les artistes maliens, il est probablement lâun des plus demandĂ©s sur le circuit international. Les tournĂ©es incessantes Ă lâĂ©tranger avec son groupe Bamada, les crĂ©ations Acoustic Africa ou Desert Blues dans lesquelles il sâest investi avec le mĂȘme entrain lâont tant occupĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es quâil nâa pas vu le temps filer.
Difficile de concilier tous ces engagements avec la prĂ©paration dâun disque. "Quand je tourne beaucoup, je ne sais plus si câest sur la route quâil faut travailler de nouveaux morceaux ou si je dois attendre dâarriver Ă la maison pour ça. Et comme je nâarrive plus jamais Ă la maison, câest foutu." Des pĂ©riodes de pauses ont bien Ă©tĂ© prĂ©vues. Mais elles ne se sont pas concrĂ©tisĂ©es ou nâont pas produit les rĂ©sultats escomptĂ©s, car quand il est de retour chez lui Ă Bamako, "avec la petite notoriĂ©tĂ© qui sâinstalle", Habib doit gĂ©rer les nombreuses sollicitations. Du coup, les occasions de se concentrer sont rares.
Discipline
Il lui a donc fallu se rendre Ă lâĂ©vidence et instituer une discipline Ă laquelle il nâĂ©tait pas habituĂ©, afin de mettre Ă profit chaque instant de libre, quel que soit lâendroit de la planĂšte oĂč il se trouve. Les consignes sont fermes : "Lorsque jâentre dans la chambre dâhĂŽtel, jâouvre le sac de lâordinateur, je lâinstalle, je sors la guitare et tout est prĂȘt. Je ne fais rien dâautre avant ça, je nâallume plus la tĂ©lĂ©", explique-t-il. Sur son Ă©quipement informatique quâil a appris Ă utiliser rĂ©cemment, il sâenregistre avec son instrument, Ă©coute, teste. "Entre moi et moi-mĂȘme, câest long. Je jette beaucoup de choses dans le panier, alors que je pensais la veille quâelles Ă©taient trĂšs bonnes", reconnaĂźt le chanteur.

Ou plutĂŽt des studios, choisis selon les dĂ©placements de ce nomade intercontinental. Dâabord en Belgique, puis au Mali, et ensuite aux Etats-Unis, dans un village du Vermont, "un endroit trĂšs beau oĂč on voit les biches passer la nuit".
Pour quâun seul Ă©tat dâesprit rĂšgne sur lâensemble du disque fait en diffĂ©rents lieux et en diffĂ©rents moments, Habib a tenu que toutes les sessions dâAfriki soient supervisĂ©es par le mĂȘme ingĂ©nieur du son. La prĂ©sence des membres de son groupe Bamada Ă ses cĂŽtĂ©s est aussi le garant dâune certaine unitĂ© sur le plan musical : leur association dure depuis plus de quinze ans, et mĂȘme si tout sâest dĂ©roulĂ© cette fois dans un sentiment dâurgence, sans recul, la vedette malienne nâa guĂšre eu besoin de sây reprendre pour tirer de ses acolytes ce qui convenait le mieux Ă ses compositions.
Une ligne imaginaire

Bertrand Lavaine
Â
19/03/2004 -Â
16/03/1998 -Â