Paris
09/10/2007 -

RFI Musique : Est-ce que vous vous souvenez de votre première rencontre avec Baudelaire ?
Jean-Louis Murat : C’était à l’école, je pense. Avec le Lagarde & Michard [livre scolaire, ndlr] comme tout le monde à mon époque. Le nom même, Charles Baudelaire, m’a toujours plu, il est déjà très poétique. Mais c’était à mon avis, une approche très mauvaise. Comme pour beaucoup d’œuvres classiques, il faudrait quasiment être adulte pour les lire.
Et la découverte de l’artiste ?
Au début des années 70, à part Ferré et Manset, il n’y avait pas grand chose. Dès le début de ma carrière, j’ai chanté Ferré. Je ne peux pas dire que ce soit un père ou une référence mais je l’ai toujours eu dans l’oreille.
Comment vous êtes vous retrouvé associé au projet ?
C’est la famille qui m’a contacté. Ils m’ont filé une cassette piano-voix que Ferré avait faite chez lui. Pendant trois ou quatre ans, ils ont insisté. Ils pensaient que j’étais l’homme de la situation. C’était flatteur mais je ne me sentais pas à la hauteur, je n’étais pas sûr d’y arriver. Je me disais qu’ils allaient finir par trouver quelqu’un d’autre. Et puis en 2007, c’est le 150e anniversaire de sa naissance, alors j’ai dû le faire très vite, au printemps.
Aviez-vous des contraintes ?
J’ai été dans le respect scrupuleux de ce qu’avait fait Ferré. Ça ne marche que comme ça : respect de la langue et de la musique. Mais après, une fois qu’il y avait la mélodie, le texte et que c’était mis en bouche en piano-voix, je faisais ce que je voulais dessus. Je me suis éclaté. Ce sont malgré tout des chansons. Ses enfants m’ont dit que c’était fantastique, je ne sais pas trop ce que ça veut dire mais ils sont super contents.
Sur ce projet, il y a le retour d’un vieux complice, le pianiste Denis Clavaizolle …
Oui, parce qu’il était disponible et que c’est mon voisin ! On est toujours très amis et on s’est bien amusé à travailler ensemble. Là, c’était l’occasion rêvée. On a retrouvé nos vieux réflexes comme si on s’était quitté la veille.
En ce moment, on parle d’une explosion de la scène rock de Clermont-Ferrand, revendiquez-vous une certaine paternité ?
Il n'y a que l’Etat civil qui fait ça ! Tout ceux que je connais qui font de la musique à Clermont pourraient être mes enfants. D’ailleurs, je connais leurs parents ! (Rires.) C’est difficile de ne pas se sentir en état de paternité. Mais nul n’est prophète en son pays. Avec Denis, on a quand même été des animateurs du milieu musical de la ville.

Y a t'il a une tournée de prévue ?
On ne fera rien, je pense. J’aurai beaucoup aimé faire des petit clubs ou des interventions dans les écoles. Mais tu dis "poésie" à un tourneur, il remonte dans sa Mercedes et il part à fond ! Je vois le service public par exemple, on devait faire des émissions avec plusieurs télés. Tout le monde s’est débiné. ça leur fait peur ! Alors que j’ai essayé de faire un truc non rébarbatif, accessible à tout le monde et que même les enfants puissent chanter.
Vous êtes sous contrat avec la maison de disques V2, qui vient d’être rachetée par Universal, que va-t-il se passer pour vous ?
Moi, on s’en fout. Ce sont les 17 de la boîte qui vont être virés. Ce sont des amis, on bossait bien, la boîte est rentable et elle est quand même rachetée. Tu vires des gens qui sont dans une boîte qui est rentable grâce à leur travail. Ça fait beaucoup de personnes compétentes qui sont au chômage, il y a quelque chose qui cloche.
Ludovic Basque
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