Paris
26/11/2007 -
![]() |
![]() |
Depuis 7 ans, Johnny essayait de convaincre Universal de produire ce projet. Refus obstiné de la méchante maison de disques, peu convaincue du retour sur investissement. Selon le chanteur, ce serait la raison principale du départ, mouvementé, de son label de toujours. Heureusement, une gentille maison de disques (Warner) a recueilli l’idole des jeunes de 64 ans pour lui redonner l’envie d’avoir envie.
Taj Mahal en français, Johnny en anglais.

L’entrée en matière surprend agréablement. Monument Valley s’élève, porté par une simple guitare et des tambours navajos. En quatre minutes pile, on comprend pourquoi Johnny tenait autant à cet album. Ce titre sonne comme un évident retour aux sources, le besoin de partager cette musique qui la fait grandir. Toujours, accompagné d’Yvan Cassar, son arrangeur-compositeur "star-académique", il nous propose ensuite un tour d’horizon inégal. Ils tutoient Dieu (enfin, en l’espèce, le Diable) sur T’aimer si mal : harmonica chauffé à blanc en guise d’intro, gorgé déployée et soli de guitare incandescents.
Taj Mahal, invité des plus prestigieux, mouille le maillot et se lance même dans un couplet en français, incompréhensible mais à l’enthousiasme contagieux. Chavirer les foules, construit sur le même thème que Toute la musique que j’aime, s’écoute avec plaisir, tout comme Etre un homme. I am the blues, la chanson écrite par Bono, le chanteur de U2, offre un final détonnant dans une ambiance quasi industrielle. Seul titre chanté en anglais, il aurait peut-être gagné à être adapté…
Enregistré à Los Angeles, Le cœur d’un homme perd de son intérêt lorsque les arrangements jouent la surenchère. Je reviendrais dans tes bras donne envie de tourner les talons. La prime revenant à l’insupportable Vous madame où Johnny, même pas peur, défit la mort. D’ailleurs les médias se trompent depuis plusieurs mois. On disait le chanteur très intéressé par sa situation fiscale mais ce sont les interrogations sur le sens de l’existence qui le taraudent. La moitié de l’album y est d’ailleurs consacré. Mais dans sa reconquête de l’Ouest, le chanteur ne perd pas le nord. En guise de premier extrait, il nous offre Always, une "chanson pour les filles", de l’aveu même de la star. Un titre qui a le mérite de s’intégrer aussi bien sur le disque, que dans les classements des meilleures ventes de Variété. Warner a misé gros, la maison de disques doit écouler 500.000 exemplaires du Cœur d’un homme pour rentrer dans ses fonds. La première semaine, c’était la ruée, avec 107.000 albums vendus.
L’essentiel du blues

Des scores que ne devraient malheureusement, selon toute vraisemblance, pas atteindre Amicalement blues le projet commun de Paul Personne et Hubert-Félix Thiéfaine. Une collaboration dont Johnny est l’initiateur involontaire. Les deux artistes avaient été sollicités pour participer à l’élaboration du Cœur d’un homme. Aucunes de leurs contributions n’ayant trouvé d’échos favorables, ils décidèrent d’enregistrer un album avec les titres refusés. Merci Johnny ! Le duo nous offre un son brut, électrique, terriblement rauque. Cet album composé et enregistré dans l’urgence va à l’essentiel. Dans le planant Avenue de l’amour, dans l’hymne fatigué Amant sous contrôle, ou le très heavy Special Ado SMS blues, les deux compères se réapproprient le style en toute simplicité.
"Quand je serais grand, moi je veux être mort." Les textes désabusés d’Hubert Félix Thiéfaine collent parfaitement à l’ambiance. Paul Personne se lâche à la six-cordes comme un damné. L’échine s’électrise sous les assauts saturés de Distance ou de Juste avant l’enfer. Sans chercher le grand public, le duo propose 13 titres captivants qui s’écoutent en boucle. Amicalement Blues, un disque à recommander à tous ceux qui veulent écouter un authentique album de blues.
Ludovic Basque
09/06/2006 -
21/10/2005 -
13/06/2003 -