Chronique album
Paris
09/01/2008 -
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A sa façon, Fès in zes contribue également à rompre l’isolement dont souffre le reggae sur cette petite île de l’océan Indien. L’album est d’abord l’histoire d’une rencontre, celle du reggae réunionnais et de son modèle jamaïcain, personnifié ici par Tyrone Downie. L’ancien Wailers, artisan du beau retour d’Alpha Blondy, avait joué l’an dernier au festival Sakifo organisé à La Réunion. Dans les coulisses, Luciano lui a proposé d’être le réalisateur de son disque en préparation. Grâce à son expérience et à ses conseils, le francophile Jamaïcain permet à Kom Zot de franchir un palier supplémentaire. "Il a épuré notre musique", observe le chanteur réunionnais.
Plus resserré, ce reggae-là y a gagné un son compact qui met davantage en valeur le groove collectif, sans enlever à la basse son rôle directeur. Avec cette alchimie, les morceaux au tempo assez lent – une spécialité locale – passent désormais bien plus facilement. Il ne fallait pas grand chose pour optimiser la machine Kom Zot, prête à se laisser débrider et à sortir des schémas classiques, comme sur Ini Anou, qui démarre directement par le chant pour plus d’efficacité. Sur ce titre essentiellement en français (les autres sont en créole), qui appelle les "enfants d’Afrique" à l’unité, Luciano a eu la bonne idée de partager le micro avec l’Ivoirien Hass Keita. Autre invité, le Jamaïcain Al Griffiths, qui apporte sur le dernier morceau de l’album la bénédiction des Gladiators, dont il est devenu le leader en remplacement de son père. Une pierre de plus dans le jardin de Kom Zot.
Bertrand Lavaine
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