Chronique album
Paris
29/01/2008 -
![]() |
![]() |
Passé par les ballets traditionnels, puis remarqué au sein du groupe béninois Fâ avec lequel il sort un album en 1998, le bassiste chanteur a continué à apprendre en cultivant une certaine idée de la diversité. Dans le monde du jazz ou de la musique africaine (Papa Wemba, King Mensah, Makoma…), il a observé et s’est imprégné de ceux qu’il a accompagnés. A 36 ans, le voilà qui se lance en solo avec cette créativité symptomatique de ceux qui ont enfin la possibilité de faire partager leurs propres émotions. Des morceaux tels qu’Aniché, Ewa Ka Jo ou Fafa Yé Min Bio frappent par leur densité, leur richesse. Flûte peule, balafon, section de cuivres, ensemble de cordes avec violons et violoncelles : on ne sait parfois plus où donner de la tête tant les instruments sont nombreux mais parfaitement arrangés. La tâche n’a pas du être de tout repos pour l’ingénieur du son au moment du mixage !
Au gré de ses déplacements au Mali, au Bénin, au Burkina Faso et grâce au studio mobile qu’il ne manque jamais d’emporter dans sa valise, Patrick a enrichi ses morceaux en enregistrant sur place des musiciens locaux croisés en studio ou en concert. Au final, la liste compte plus d’une vingtaine de noms, parmi lesquels figurent ceux du prometteur Camerounais Muntu Valdo, ici à l’harmonica, et de Lionel Loueke, guitariste béninois parti faire carrière aux Etats-Unis. Carlos Gbaguidi, un autre compatriote, tient un rôle clé derrière sa batterie. Avec une énergie et un toucher "live", il imprime le mouvement et le suit dans ses jolis détours, lorsque les solistes occupent le premier plan. Il n’en faut pas plus pour marquer les esprits.Bertrand Lavaine