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Chronique album


Ishumar, musique touareg de résistance

Une compilation


Paris 

18/03/2008 - 

La compilation Ishumar revient sur dix ans de création musicale touareg, nigérienne et malienne. Elle propose un état des lieux passionnant de ce mouvement inédit où, depuis les années 90, musique rime avec politique.



Le sous-titre annonce la couleur. Bleu résistance. Dans le Sahara, les riffs de guitare et les claquements de mains allient politique et poésie. Les "ishumar", appellation dérivée du français, "chômeurs", appartiennent à cette génération de Touaregs que la répression politique et que la sécheresse de 1973 ont exilé en Libye ou en Algérie. De là, jaillit la conscience d’une identité touareg à défendre. La lutte passe alors par les armes et la musique. Bientôt, la guitare fait irruption dans les campements et la musique traditionnelle mute, comme la société touareg elle-même.

Le chant de résistance commence à essaimer un peu partout, au Mali au Niger, en Algérie ou en Libye. Les musiciens-combattants voyagent avec leurs instruments, leurs cassettes et leur poésie brute. Tinariwen, figure emblématique du mouvement, est l’initiateur du style "al guitara" et de la reconnaissance culturelle touareg à travers la musique. Dans leur sillage, ces vingt dernières années, au Niger et au Mali, des groupes sont apparus, créant une musique inédite, clandestine et brûlante, entre rythmes traditionnels, blues, folk et rock’n’roll.

Ishumar revient sur dix dernières années de création nigérienne et malienne en présentant les anciennes et nouvelles générations de poètes-musiciens. Outre les Maliens de Tinariwen, Térakaft, Toumast ou Mohamed Ag Atltal alias Japonais, bon nombre de vraies découvertes proviennent du Niger. Le groupe Etran Finatawa, qui jumelle sa musique à celle des Peuls woodabés, la voix planante de Koudede, ou le folk entraînant de Hasso Akotey donnent à entendre toute la richesse de la création touareg.

Côté malien, les fils spirituels de Tinariwen, enfants au moment de la rébellion des années 1990 et originaires de Kidal, semblent être des "ishumar" plus rock’n’roll : la batterie remplace le tindé traditionnel, et le son devient plus percutant. Leur chant continue à résonner dans les campements, dans les dunes et parvient désormais jusqu’aux oreilles occidentales. La fièvre touareg n’a pas fini de monter.



 Ecoutez un extrait de Djedahi idji saman
Compilation Ishumar (Label Reaktion/Anticraft) 2008

Eglantine  Chabasseur