Chronique album
Paris
08/04/2008 -
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Jean-Louis Murat n’est pas léger léger dans sa méditation sur le mouvement amoureux. Sensuel et grivois par la voix et les mots oui, mais pas très gai : On aime cogner sans suite, à la porte du bonheur/ On engage la poursuite, on prend le chemin du cœur/ Personne ce soir au gîte, on rappelle l’ascenseur / L’amour est toujours en fuite sur l’Amour en fuite. Tout ça porterait à rire s’il n’y avait le désir à la porte dorée de mon cœur / Tout cela porterait à rire s’il n’y avait le plaisir, mousse noire de mon malheur sur Mousse noire. Le chantre explique vouloir comprendre d’où nous vient "ce goût du malheur".
Tristan serait-il un disque à portée philosophique ? Cela se pourrait bien. Et ce ne sont pas uniquement les paroles - toujours aussi subtilement tournées et tourmentées - qui poussent à le penser. Tout dans la musique semble aussi conçu pour encourager la réflexion : pas de grosse artillerie mais une batterie discrète qui mime un cœur qui bat, des cordes de basse et de guitare sobres, ciselées façon Murat, des chœurs envoûtants, quelques virgules de cuivres ça et là et des bruitages de vie quotidienne (talons qui frappent le sol, enfants qui jouent, orage, pluie…) qui rappellent à quel point l’amour nous cerne. Cet album - réalisé et enregistré en automne dernier chez Murat lui-même, en Auvergne - est décidément bien fait. Bourré de tristesse mais poétiquement irrésistible.
Fleur De la Haye
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