Paris
20/06/2008 -

RFI Musique : Votre dernier album s’intitule 3 at last, "enfin" car l’accouchement a été difficile ?
Nicolas Kantorowicz : C’était un peu un album improbable…
Benjamin Sportès : … car on ne savait pas si le second allait exister, idem pour ce troisième album. Nous étions partis chacun sur des projets différents : Nicolas sur l’album de Sporto Kantès et moi sur mon projet Sportès, avec des musiciens et Albin de la Simone. On s’est dit qu’on n’allait pas s’embêter à concevoir deux albums en même temps. Nous avons donc pris des titres de ces deux albums pour faire 3 at last. On a retravaillé certains morceaux pour en faire des titres à la Sporto Kantès.
Entre votre second album et celui-ci, vous avez suivi chacun des voies différentes…
Benjamin : J’ai sorti deux albums de Sportès, tandis que Nicolas a produit le second album de Williams Traffic (projet avec l’Américain Frank Williams, NDLR).
Nicolas : Pour comprendre l’embrouille, il faut revenir au début : Sportès existait avant Sporto Kantès. Mais j’ai présenté notre projet à des labels alors que Benjamin en était à des années-lumière.
Benjamin : Je me demandais comment on pouvait faire de la musique comme ça, avec des bouts de ficelles…

Benjamin : J’étais dans mon projet Sportès et je ne comprenais pas cet engouement pour le sampling, les DJ et la musique répétitive. Dès que l’on me parlait de Sporto Kantès, cela me donnait des boutons ! Je concevais la musique mais je ne l’assumais pas du tout.
Nicolas : Du coup, devant les journalistes, nous n’étions pas d’accord. Benjamin cassait la culture DJ en plein milieu des interviews, un peu par provocation…
Vous vous connaissez depuis longtemps…
Nicolas : On a quatre enfants, mais pas ensemble (rires). On avait joué ensemble dans un groupe, Torpedo.
Benjamin : Nicolas m’a rejoint dans ce groupe après avoir été bassiste pour les Wampas. Dans Torpedo, nous faisions déjà du sampling de batterie sur magnétophone.
Nicolas : Je suis parti de Torpedo et j’ai fait le DJ, très underground, dans des sound systems improbables.
Benjamin : Après Torpedo, j’ai acheté un sampler et on a fait quatre titres ensemble. C’était l’époque où Nico traînait avec des rappeurs, en 1997, au moment où la French Touch commençait.
Nicolas : La maison de disques Village Vert lançait alors son label consacré aux musiques électroniques, Catalogue. Ils ont été très intéressés par nos quatre titres.
Comment travaillez-vous ?
Benjamin : Nous arrivons chacun avec des samples, nous faisons des assemblages de sons, en rajoutant des voix, de la guitare… Nico siffle et s’enregistre sur un micro chez lui, il m’envoie son fichier en MP3 par internet. Nous nous retrouvons tous les deux en studio à la fin.
Nicolas : Je suis la première oreille et la dernière, je fais le glaçage du gâteau. Benjamin avait écrit pas mal de paroles, il avait enregistré plusieurs voix féminines dont il ne s’était pas servi.

Vos titres sont très cosmopolites et ont néanmoins un point commun. Lequel ?
Benjamin : Le son, les rythmes, et des accords très simples, comme dans le blues. Au niveau mélodique, notre musique est très simple, presque enfantine, mais assez efficace. Le décor est très vite planté, par des sons, des samples.
Nicolas Dambre
28/05/2001 -