Paris
25/06/2008 -

Vous sortez à la fois Paris en un seul CD et Varsovie-L’Alhambra-Paris en trois CDs. Lequel est l’œuvre, le "vrai" projet ?
Au départ, l’œuvre est en deux CDs : Varsovie et Paris. Dans la production et le son, ils sont très différents. Paris est beaucoup plus traité, plus étudié. Varsovie est plus déclamé. Je voulais faire de Paris un album de rock et je me suis rendu compte que certaines des chansons étaient vraiment bien en acoustique, alors elles se sont faites comme ça. Puis la densité de l’album Varvovie est devenue trop importante, avec dix-sept chansons. Paris, à côté, semblait trop léger. En plus, l’écriture allait de Varsovie vers le Sud en parlant de quelqu’un qui vient de cette ville que j’ai pas mal connue ces sept dernières années. Et je savais dès le début que la dernière serait Tango, qui parle de l’Andalousie où sont mes origines. Et même au niveau des orchestrations, on sentait cette progression du fantasme vers ma propre identité. Alors j’ai coupé en deux Varsovie pour faire Alhambra, qui est plus orchestré, et les trois CDs fonctionnent mieux.
Vous aviez sorti vos trois premiers albums chez Universal. Celui-ci paraît chez Cinq 7, label du distributeur indépendant Wagram. Pourquoi ?
Après mon départ d’Universal, j’ai rencontré des gens de Virgin. Mais pourquoi quitter une major pour aller chez l’autre ? Dans mon cas, une major a aujourd’hui plus d’inconvénients que d’avantages, même si j’ai commencé chez eux, et avec un tube.
Les médias vous font une réputation de personnalité difficile, voire de "chanteur énervant", comme disait Renaud. Comment prenez-vous tout cela ?
Sincèrement, ça n’a pas la moindre importance. Je ne fais pas les choses par rapport aux gens qui les lisent et qui les écoutent, ce que je n’oblige personne à faire. Je ne pense pas être parmi ceux qui vont le plus vers le matraquage marketing ou qui donnent leur avis à tort et à travers. J’ai plutôt l’impression de me cacher plutôt que de me montrer.

Un triple CD, un disque en anglais… Vous ne faites rien comme d’habitude...
L’embourgeoisement n’aide pas à se remettre en cause. Et quand je parle d’embourgeoisement, je ne parle pas du nombre de mètres carrés dans lesquels on vit. L’embourgeoisement, ce sont des habitudes, le train-train, l’absence de mise en danger. Or, il faut quand même se mettre des coups de pied dans le cul. C’est ce que j’essaie de faire.
Bertrand Dicale
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