Paris
21/07/2008 -

Les tubes des années 1980 font leur entrée dans cette nouvelle version : Blondie, Police, Frankie goes to Hollywood, Tom Petty… Quels ont été vos critères de choix ?
Dans Rockcollection proprement dit, j'évoque la musique des sixties. On n'a pas changé les couplets : "on a tous dans le cœur une petite fille oubliée", etc. Je respecte ça, la chronologie et les chansons de l'époque sauf que j'ai changé des citations. Quant aux critères, il fallait que ça respecte l'époque, le tempo, l'esprit du couplet précédent, etc.
Il y a cette chanson Jelly Bean…
"Jelly Bean" est un bonbon anglais. Tous les enfants en Angleterre et aux Etats-Unis en ont mangés. Ce sont des bonbons multicolores qui ressemblent à des haricots. Il y a une expression anglaise qui dit "You know what I mean ?" c'est-à-dire : est-ce que tu vois ce que je veux dire ? On répond "Jelly Bean".
Vous chantez dans cette chanson : "Je rêvais d'avoir un style". Est-il à la croisée de toutes les citations musicales qui font Recollection ?
Oui je rêvais d'avoir un style, de devenir un modèle, d'avoir un style personnel… quand on se cherche, on cherche un style, on prend des poses devant la glace, on a quinze ans. On cherche à ressembler à quelqu'un, à nos idoles et en même temps on cherche à se détacher de ça et à trouver sa voie et devenir soi-même un modèle.
En 1977, lorsque Rockcollection sort - vous l'avez enregistré en français, anglais espagnol - elle change votre vie. Quatre millions d'exemplaires sont vendus en Europe. A l'époque vous avez touché assez peu d'argent ….vous avez commencé à recevoir des assignations au tribunal …
Les autorisations n'avaient pas été demandées par l'éditeur pour l'utilisation des extraits de chansons et la maison de disques n'avait pas mentionné les citations sur la pochette. Les éditeurs et représentants des auteurs compositeurs qui se trouvaient en France, les maisons d'édition françaises qui représentaient les artistes n'étaient pas très contentes. C'était moins mon métier qu'un métier d'administratif. C'était à ma maison de disques ou à ceux qui s'occupaient de l'édition de s'en charger.

J'ai appris la guitare en étant interne dans un lycée. Plusieurs surveillants étaient guitaristes. Ils jouaient dans des styles différents, du classique, du jazz, d'autres les Shadows, etc. Moi, tout me plaisait. J'étais boulimique, tout m'émerveillait. Les chansons de Brassens, le prélude n°3 de Jean-Sébastien Bach transcription pour guitare, Samba da una nota so, une bossa (de Antonio Carlos Jobim : ndlr) et puis I want to hold your hand des Beatles. Tout m'émerveillait.
Après la vie nous porte vers un style selon notre physique, notre voix, nos capacités. On est cadré par nos limites. Mon style de voix, mes goûts, mes passions pour l'histoire, les mélodies, certaines harmonies, et cette révélation du rock'n'roll m'ont poussé à faire de la musique pop.
Yasmine Chouaki
30/06/2006 -
07/12/2001 -