ParisÂ
04/09/2008 -Â
AprĂšs sept annĂ©es dâabsence, Kid Loco revient avec un nouvel album en son nom propre. Pas de rĂ©volution de palais dans sa façon de faire de la musique, simplement un besoin nouveau de prendre la parole et de chanter, en anglais, tous les titres de son disque. Entre musique psychĂ©dĂ©lique et beat Ă©lectro, Kid Loco a tranchĂ© : il prendra les deux et lance le "psychedelectro".

Sept ans que Kid Loco nâavait pas publiĂ© de disque en son nom propre. Câest aujourdâhui chose faite avec ce Party Animals & Disco Biscuits. Sept ans dans la vie dâun musicien, cela peut sembler une Ă©ternitĂ©, une petite mort. Quand on lui demande pourquoi avoir attendu si longtemps avant de donner une suite Ă Kill Your Darlings (Yellow Productions, 2001), Kid Loco rĂ©pond simplement quâil a eu beaucoup de choses Ă faire. "Jâai fait Ă©normĂ©ment de remixes, jâai produit des albums pour dâautres artistes, jâai composĂ© des bandes originales de film et de dessins animĂ©s, mais surtout, jâai pris mon temps."
Tout est pourtant allĂ© trĂšs vite dans la composition. En lâespace de trois semaines, le plus gros du travail Ă©tait fait. Kid Loco ne sâattendait dâailleurs pas Ă ce que cela aille si vite. Mais, pour lui, câest un signe. Les meilleurs morceaux, dans la pop en tout cas, doivent ĂȘtre créés de cette façon lĂ , dans la spontanĂ©itĂ©. Ils conservent ainsi toute leur fraĂźcheur. Quand Ă la couleur musicale, elle lui a Ă©tĂ© dictĂ©e par sa façon de travailler les morceaux. "Les instruments guident le climat. Il y a moins de guitare que sur mon disque prĂ©cĂ©dent, mais beaucoup plus de claviers, du piano et de lâorgue principalement. Câest ainsi que je lâai composĂ©." Par la suite, il fera rejouer certaines parties par dâautres musiciens, ajoutera quelques chĆurs fĂ©minins et des scratchs.
Sur chaque galette, Kid Loco essaye de raconter une histoire et son Party Animals & Disco Biscuits ne dĂ©roge pas Ă la rĂšgle. Câest un album concept qui sâĂ©coute, comme il lâaime, du dĂ©but Ă la fin. LĂ , il sâagirait de lâhistoire dâun garçon qui rentre chez lui au petit matin aprĂšs une virĂ©e nocturne. Il y est question de drogue, de sexe, dâamour et dâhumour, comme toujours dans ses chansons. Tout y est regroupĂ© dans le temps, comme au théùtre. La petite rĂ©volution de palais est donc Ă chercher ailleurs. Et câest du cĂŽtĂ© de la voix quâelle apparaĂźt. Pour la premiĂšre fois, Kid Loco chante, en anglais, tous les titres de se nouvelle crĂ©ation. "CâĂ©tait le meilleur moyen de mettre en musique ce que jâavais dans la tĂȘte. Et, pour le coup, on peut dire que câest un peu le premier vrai album de Kid Loco puisque câest moi qui le chante."
"Je ne cherche pas Ă coller Ă la mode"

Dans les annĂ©es 1980, Jean-Yves Prieur (son vrai nom), est punk. Il monte avec dâautres amis le label Bondage Records, qui accueillera et dĂ©veloppera tout ce que lâHexagone est capable de produire en groupe Ă lâĂ©nergie brute, BĂ©rurier Noir en tĂȘte. A la fin des annĂ©es 1990, il choisit le pseudo de Kid Loco au moment de sortir son premier album sur la Yellow Productions, le label de Bob Sinclar hĂ©bergĂ© par une major. La France est alors en pleine effervescence "French Touch". Kid Loco est "hype" (branchĂ©, ndlr). Son album cartonne. Lâindustrie musicale a, depuis, beaucoup changĂ©. Kid Loco a aujourdâhui quarante-quatre ans et publie son Party Animals & Disco Biscuits quasiment uniquement avec ses propres moyens. Il fait preuve dâune certaine forme de sĂ©rĂ©nitĂ©. "Sept ans entre deux albums, câest long effectivement. Mais ce nâest pas grave si les gens mâont oubliĂ©. Ăa ne me fait pas peur. Aujourdâhui, la musique que je fais nâest plus dans la hype, ça ne me gĂȘne pas. Les Rolling Stones en 1975, je croyais que câĂ©tait mes grands parents, aujourdâhui ils sont encore lĂ . Jâimagine et jâespĂšre que les gamins de seize ans ne vont pas me kiffer en me voyant sur scĂšne (Rires). On peut faire de la musique pour les gens de son Ăąge. Je ne cherche pas Ă coller Ă la mode avec mon album. Il nây a pas de tricherie."
Kid Loco a toujours dĂ©testĂ© les Ă©tiquettes. Pour Party Animals & Disco Biscuits, il sâen est pourtant taillĂ© une sur mesure, celle de "psychedelectro". Un comble. Ce nĂ©ologisme quâil utilise pour dĂ©finir sa musique est la rĂ©union du mot psychĂ©dĂ©lique - quâil associe au climat gĂ©nĂ©ral de lâalbum â et de celui dâĂ©lectro - pour lâutilisation des beats, leurs cĂŽtĂ©s modernes et trip-hop. Bien que ce mot le fasse sourire, ses fondements sont vrais. Mais, Ă lâĂ©coute de certains titres, on se dit quâil aurait tout aussi bien pu rajouter quelques autres adjectifs et tournures de phrases pour prĂ©ciser davantage son propos. Ainsi Motorcycle Angels rĂ©sonne dâune urgence froide et entĂȘtante toute particuliĂšre. Theme From The Graffiti joue sur les variations harmoniques avec une simplicitĂ© et une efficacitĂ© dĂ©concertante. Pretty Boy Floyd commence comme une respiration pop lancinante et se termine en palpitations hip-hop. The Specialist (le titre le plus long de lâalbum, environ huit minutes) intĂšgre une programmation rythmique hypnotique. Hijack Blues # 9 fait dans lâinstrumental onirique, obĂ©dience western moderne. "Câest la façon dont jâutilise les rythmes et les ambiances, mĂ©langer tout et nâimporte quoi, qui me donne une singularitĂ©." Une vraie marque de fabrique en somme.
Nicolas  Preschey
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