Paris
08/09/2008 -
Depuis ses premières chansons autour d’un feu de camp il y a treize ans, Tryo est devenu un poids lourd de l’industrie musicale française. Loin de pantoufler, le groupe sort avec Ce que l’on sème un quatrième disque détonnant. On retrouve bien évidemment des titres reggae acoustiques qui ont fait la gloire du quatuor mais aussi des chansons plus aventureuses, nettement influencées par les musiques indiennes, africaines ou latines. Une réussite inattendue et proprement bluffante. Guizmo et Manu, deux des guitaristes-chanteurs, nous livrent quelques secrets.

Comment s’est déroulée l’élaboration de Ce que l’on sème ?
Manu : Comme depuis le début : chacun arrive avec ses chansons et, si ça plaît, les autres prennent leurs guitares et proposent des arrangements. La tambouille se fait de manière assez spontanée. On a aussi essayé différentes méthodes. Pour la première fois, Guizmo et Christophe Mali ont co-écrit un texte, Marcher droit. Ils ont cumulé leurs plumes. Mali a également voulu que je fasse la musique de l’un de ses textes, Quand les hommes s’ennuient. Ça a donné une samba. L’enregistrement s’est fait en plusieurs parties, d’abord dans le sud de la France à Saint-Rémy de Provence, dans un lieu assez extraordinaire où il y a des réverbérations naturelles magnifiques. Dans un deuxième temps, on a enregistré les harmonies vocales et les invités à Paris, au studio Garage.
Guizmo : Trois mois avant ça, on avait organisé une période de maquettage. On se prenait une journée par morceau pour poser toutes les idées. On est passé par Barcelone, Paris, la Bretagne, Le Mans. Ensuite, c’était très nouveau pour nous, on a été présenter ces bribes de chansons à un réalisateur, Dominique Ledudal. On avait déjà commencé à travailler avec lui sur les mixes de Grain de sable (troisième album du groupe, ndlr). Là, il y avait le désir de partir dès le début avec lui. On lui demandait régulièrement son avis et souvent, on l’écoutait !

Guizmo : C’est bien, on se fait flipper. Ce sont des styles qu’on aime écouter mais entre aimer la salsa et la jouer, il y a une marge. On a bien tiré la langue sur nos instruments.

Question de circonstance : après plus de treize ans de carrière, que pensez-vous avoir semé ?
Guizmo : De l’optimisme et de la joie, j’espère. Peut-être aussi des idées et un certain regard sur la vie. Et, au sein de Tryo, une amitié durable. Le fait aussi de prendre le temps, d’accepter que, de temps en temps, l’autre n’ait pas envie de te voir, pour mieux se retrouver ensuite.
Ludovic Basque
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