Chronique album
Paris
13/10/2008 -
Dans l’univers assez lisse des chanteuses de jazz, Marianne Feder s’est construit un registre à part. Loin de la variété cotonneuse coutumière du genre, la jeune femme livre avec Toi mon indien, un album entre musiques de l’Est et ambiances parisiennes. Ça nous change des crooneries habituelles.
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Marianne surprend dès le premier titre, Toi mon indien. Gamelan, surdo, shaker, cuivres, la chanteuse convie tous les continents avec talent. On passe des Balkans avec Vent d’est aux ambiances manouches sur Farouche. Alexis HK s’invite sur un Blues à deux accords à la fois simple et profond. Si Marianne sait chanter de belles ballades piano-voix avec Je me sépare en deux quand tu pars, elle s’épanouie également dans la chanson d’amour vindicative sur le très enlevé Je t’attends.
Virevoltante, elle propose avec L’hymne à contretemps une de ces superbes ritournelles qui se loge durablement dans vos tympans. Un titre immédiat, une très belle introduction à l’univers de la chanteuse. Artiste aventureuse, Marianne Feder n’en oublie pas pour autant les fondamentaux. Sur le beau (mais triste) Baiser de pluie, Marianne Feder se coule à merveille dans un style magnifié autrefois par Barbara : la chronique douce amère d’un amour crépusculaire. Toi mon indien est un album aussi chamarré que cohérent, à recommander à ceux qui auraient oublié ce qu’est le jazz, une musique de rencontres, définitivement d’essence populaire.
Marianne Feder Toi mon indien (Lepic et Colegram) 2008
Ludovic Basque
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