Montréal
04/11/2008 -

Les grands gagnants de la soirée ? Les rockeurs de Karkwa et la chanteuse Isabelle Boulay, qui cumulent chacun quatre prix Félix, trophées ainsi baptisés en l’honneur de Félix Leclerc, récipiendaire du tout premier prix hommage remis en 1978. L’organisation du gala a d’ailleurs souligné de touchante manière le vingtième anniversaire de la disparition du chanteur québécois lorsque Karkwa a ouvert le bal en interprétant un de ses titres, Le Tour de l’île.
Pour le quintette rock, ce gala de l’Adisq fut celui de la consécration, pleinement méritée. Érigeant son succès sur ses deux derniers (et estimés) albums, Les Tremblements d’immobilisent (2005) et Le Volume du vent (2008), le groupe est enfin sorti de l’underground en remportant les Félix du Groupe de l’année et, surtout, celui de l’Auteur ou compositeur de l’année, le plus prestigieux du lot. Une catégorie où la compétition était particulièrement relevée, puisque Diane Dufresne et la brillante Catherine Major étaient aussi en lice. Karkwa mettait donc la main sur ce prix pour la seconde fois de sa carrière, après l’avoir remporté en 2006, ex aequo avec Pierre Lapointe.

Quant à Isabelle Boulay, elle a ajouté à sa collection quatre nouveaux trophées, ceux de l’Interprète féminine de l’année (qu’elle avait remporté à six reprises déjà !), du Spectacle de l’année - interprète, de l’Artiste s’étant le plus illustré hors Québec et Scripteur de spectacle de l’année. La chanteuse totalise dix-sept statuettes dans sa carrière.
Hommage à Céline

Le parolier a ensuite invité le compositeur André Gagnon sur scène. Accompagné par l’Orchestre Symphonique de Montréal, Gagnon a interprété une composition originale servant de trame sonore à un montage vidéo biographique de la diva planétaire. Le public a réservé à son héroïne une ovation monstre avant qu’elle puisse dire quelques mots sur scène en recevant le quarantième prix Félix de sa carrière.
La cérémonie, dont l’animation musicale a été assurée entre autres par Robert Charlebois, les Cowboys Fringants, les rappeurs Sans Pression et Gatineau, n’a donné lieu qu’à de rares surprises. D’abord, la percée du groupe Alfa Rococo, inconnu chez nous il y a à peine un an et récipiendaire des prix Révélation de l’année et Album de l’année - populaire. Le duo pop-rock a composé l’un des tubes de l’année au Québec, une chanson au refrain imparable nommée Lever l’ancre qui avait de sérieuses options sur le prix Chanson de l’année, décerné par vote populaire.
Mais dans cette catégorie, c’est en définitive Ariane Moffatt qui a eu la faveur du public québécois avec Je veux tout, fortement appuyée par les radios commerciales.

Si la vente de CD québécois connait une baisse marquée en 2008, malgré cette conjoncture défavorable et l’omniprésence du voisin américain, la scène musicale indépendante du Québec fait toujours preuve de vitalité. Une victoire, sans l’ombre d’un doute.
Philippe Renaud
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