Antananarivo (Madagascar)
17/11/2008 -

La journée de Mikea, lauréat du Prix RFI Découvertes 2008 débute ce samedi 15 novembre de façon particulière. En effet, le jeune homme deux jours après avoir remporté le prix, a rendez vous à 11h avec M. Jean-Louis Robinson, ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, de la République de Madagascar. Ce dernier félicite vivement et avec fierté le musicien devant un parterre d’officiels français et malgaches, de journalistes, d’amis, et bien sûr du président du jury, Tiken Jah Fakoly. Une première pour Mikea, qui entre deux conversations lâche qu’il n’a pu prévenir sa famille, résidente dans le sud de la Grande Ile, faute de moyens de communication.
Bientôt, après l’étape obligée de la réception, vient celle des balances, car ce soir a lieu le concert de clôture de l’opération Découvertes 2008, un concert organisé là encore au Palais des sports et de la culture. Vers 16h, alors que la salle a ouvert ses portes une heure plutôt, le public commence à arriver en nombre. 3000 personnes environ vont se rassembler pour danser ce soir sur les musiques de Rajery, Mikea, Baba, Lôla, Jerry Marcoss ou Mika & Davis, des artistes de la scène malgache.
Pour commencer, les tambours de Gasy, groupe de percussionnistes monté par Rajery, ancien prix Découvertes RFI en 2002 ouvre le bal pour un set assez court, qui reviendra comme un fil conducteur de la soirée, sorte d’intermède extrêmement rythmé, destiné à garder le tempo de cette chaude soirée ! Car il s’agit bien de ça : les différents artistes vont se succéder et proposer une musique enlevée, vive, dansante, une véritable soirée de fête.
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Après cette introduction, c’est donc Rajery, qui investit la scène. Avec ses cinq musiciens, ce virtuose de la valiha, véritable acteur culturel dans son pays, homme tranquille et souriant, se transforme en bête de scène, esquisse des pas de danse, chauffe le public et rend hommage à la grande Makeba, disparue récemment. Il laisse la place ensuite à un artiste venant du Nord-Est de l’île, Baba. Chapeau noir, costume et guitare assortis, le chanteur auteur-compositeur est une boule d’énergie, à l’expressivité certaine, qui mime les morceaux autant qu’il les chante. L’ombre de James Brown plane un court instant, tellement le groove semble habiter Baba, auteur d’un nouvel album attendu d’ici décembre. Mikea entouré de ses deux musiciens, vient poursuivre ce concert, reprenant une partie du répertoire déjà interprété lors de la finale, avec en plus une adaptation de la chanson américaine Hey Joe, version malgache, un blues assumé, trait d’union entre deux si lointaines cultures mais dont la proximité semble ce soir évidente.
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Valérie Passelègue
14/11/2008 -