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Yves Simon est vraiment revenu

Enfin sur scĂšne


Paris 

20/11/2008 - 

On l’avait cru Ă  la retraite : l’étĂ© dernier, Yves Simon a retrouvĂ© la scĂšne aprĂšs trente ans d’absence. AprĂšs un Olympia au printemps dernier, il commence enfin sa tournĂ©e française, la premiĂšre depuis 1977.



"J’ai essayĂ© de le dĂ©crypter moi-mĂȘme et je n’y arrive pas tout Ă  fait. Qu’est-ce qui fait qu’un chanteur en pleine gloire, ce qui Ă©tait mon cas en 1977, renonce Ă  la scĂšne ?" Cette annĂ©e-lĂ , Yves Simon a tournĂ© au Japon, en Allemagne, au Canada et donnĂ© deux sĂ©ries de concerts en France. Il a sorti l’album Un autre dĂ©sir en septembre et, en dĂ©cembre, publie la musique – et la chanson ! – du film Diabolo menthe de Diane Kurys. Et il donne ses derniers concerts


Ce qui est un repos de quelques mois aprĂšs la fatigue d’une folle annĂ©e se prolonge quand son groupe se disperse. "Les musiciens doivent gagner leur vie, admet-il. Puis j’attends deux, trois, quatre, cinq ans
 et je m’habitue. A l’époque, je continue Ă  faire des disques tous les ans ou tous les dix-huit mois et je me dis que Gainsbourg a trĂšs longtemps pratiquĂ© ainsi : il avait une certaine renommĂ©e, sortait des albums et ne faisait pas de concerts. J’étais de toute maniĂšre atypique puisque j’écrivais un roman tous les deux albums."

Et, s’il faut regarder les choses en face, il avoue : "Je ne me sentais pas trĂšs heureux sur scĂšne, ce qui a radicalement changĂ© aujourd’hui. Je ne me sentais pas trĂšs bon, j’avais un gros trac, j’avais la phobie de la salle vide. Quand on arrivait dans une ville, je me disais qu’il n’y aurait personne, alors que je vendais 200000 albums." Et, en 1991, Yves Simon reçoit le prix MĂ©dicis pour son roman La DĂ©rive des sentiments : "Je me suis dit que j’étais passĂ© de l’autre cĂŽtĂ© du miroir, que je suis dĂ©finitivement Ă©crivain." De fait, en dix-sept ans, il ne sortira que deux albums.

Aimé et attendu


Mais tout change avec le dernier, Rumeurs, paru il y a un an. Quelques semaines avant la sortie du disque, le 13 juillet 2007, il monte sur la scĂšne des Francofolies de La Rochelle, trente ans aprĂšs son dernier concert. Il recommence aux Francofolies de Spa en Belgique, puis donne un rĂ©cital unique Ă  l’Olympia le 12 mars 2008. Et les retrouvailles avec le public le comblent : "Les gens se lĂšvent quand j’arrive sur scĂšne Ă  pratiquement tous les concerts : Ă  La Rochelle, Ă  Spa, Ă  l’Olympia et Ă  deux concerts sur trois en province. Une standing ovation, ça veut dire qu’on est attendu, qu’on est aimĂ©, que l’on fait partie d’un univers secret, que l’on est Ă  l’intĂ©rieur du cƓur des gens, de leur histoire. C’est rĂ©confortant. Les concerts sont aussi meilleurs Ă  cause de ça : je suis Ă  l’aise et dĂ©tendu. J’ai rencontrĂ© lĂ  un public trĂšs, trĂšs, trĂšs diffĂ©rent de celui que je connaissais il y a trente ans. Le public des annĂ©es 70 Ă©tait extrĂȘmement critique. Sur un mot dit la veille ou Ă©crit la semaine d’avant dans la presse, des gens pouvaient venir me chahuter ; et pour un mot malheureux sur scĂšne, me chahuter Ă  nouveau."

Car il n’y a pas de silence scĂ©nique aussi long que le sien : Serge Gainsbourg avait arrĂȘtĂ© de donner des concerts pendant treize ans, Christophe pendant vingt-cinq ans "seulement". Yves Simon a quittĂ© la scĂšne Ă  l’époque des halls des sports affreusement sonorisĂ©s et avant la naissance des ZĂ©nith et s’extasie que, maintenant, "pendant les balances, on me fait deux rĂ©glages pour le son de ma guitare dans les retours, selon que je joue avec les doigts ou avec un mĂ©diator. J’ai fait mes premiers concerts dans des salles de plus de 1000 personnes en 1974. On me disait Ă  chaque fois que l’on ne m’avait pas entendu dans telle ou telle chanson. J’étais partagĂ© entre mon envie d’avoir des musiques trĂšs rythmĂ©es et le dĂ©sir que les gens entendent les textes. Et ce n’était jamais tout Ă  fait le cas."

Son retour lui permet d’interprĂ©ter enfin des chansons qui n’avaient jamais connu la scĂšne, comme Diabolo menthe ou Amazoniaque – "trĂšs rythmĂ©e, trĂšs binaire, trĂšs sympa". Son tour de chant contient neuf chansons de son nouvel album et douze du passĂ©. Il reconnait "des impasses sur certains albums, comme De l’autre cĂŽtĂ© du monde, mon dernier disque chez RCA, ou Liaisons, mon premier album chez Barclay." Et il se donne le plaisir Ă©goĂŻste – un Ă©goĂŻsme partagĂ©, nĂ©anmoins – de chanter seul ses rappels, avec Les Gauloises bleues et Au pays des merveilles de Juliet, "et aussi parfois, quand je n’ai pas Ă©tĂ© trop long, Rue de la Huchette, une de mes premiĂšres chansons."



 Ecoutez un extrait de La MĂ©tisse
TournĂ©e : le 20/11 Ă  Niort, le 22/11 Ă  BĂ©thune, le 27/11 Ă  Nancy, le 28/11 Ă  Florange, le 29/11 Ă  Strasbourg


Bertrand  Dicale