ParisÂ
26/11/2008 -Â
Une guitare des annĂ©es trente, une voix Ă lâaccent de guingois, il nâen faut pas beaucoup plus pour que Dick Annegarn vous colle des frissons. AprĂšs trente cinq ans de carriĂšre, le chanteur signe un superbe album de blues, aussi dĂ©pouillĂ© que dĂ©sarmant. Servi par une production discrĂšte, Soleil du soir rĂ©vĂšle des perles sombrement gracieuses comme Dâabord un verre, Jacques ou Bluesisabelle. Autant de titres Ă vous dĂ©sespĂ©rer dâaller un jour pointer aux "Assez Dick"âŠ

Le blues de Johnny Hallyday ou Patricia Kaas, je nây crois pas du tout. Ce sont des gens qui ont juste quelques rĂ©fĂ©rences stylistiques. Pour le blues, il faut ĂȘtre prĂšs de la rĂ©alitĂ©, presque un handicapĂ© social. Ils sont trop riches pour chanter le blues. Johnny, il est nĂ© dans la rue mais ça fait longtemps quâil nâen connaĂźt plus le bruit et lâodeur.
Ce dix-huitiĂšme album est nĂ© dâune rencontre avec le guitariste Freddy KoellaâŠ
Je nâĂ©tais pas trop pour, jâĂ©tais mĂȘme un peu gĂȘnĂ©. Ăa mâa Ă©tĂ© proposĂ© il y a deux ans par Vincent Frerebeau, mon directeur artistique. Il mâa dit : "Il faut que tu travailles ta guitare, il y en a marre de tes conneries avec les cuivres ! [en rĂ©fĂ©rence aux arrangements de son prĂ©cĂ©dent â trĂšs bon â album Plouc, ndr]" Il mâa proposĂ© Freddy Koella. AprĂšs lâavoir entendu, jâĂ©tais dĂ©jĂ beaucoup plus preneur. Ce nâest pas un guitar hero qui fait des solos sans fin. Câest un vrai arrangeur de guitare. Je lâai rencontrĂ© au Sear Sound, un studio new-yorkais trĂšs vintage avec des micros rouillĂ©s et, comme nous aussi on Ă©tait un peu rouillĂ©, on sâest retrouvĂ© en bonne compagnie ! On y allait juste pour voir et on a enregistrĂ© lâalbum en cinq jours.
Quels sont vos rapports avec Vincent Frerebeau, qui est Ă la fois votre producteur et le dirigeant du label TĂŽt ou tard ? Câest lui le patron ?

On connaĂźt votre attachement au Maroc, vous avez mĂȘme une maison lĂ -bas, pourtant on nâentend peu de rĂ©fĂ©rences Ă ce pays sur Soleil du soir ?
Dâune façon gĂ©nĂ©rale, câest vrai que le Maroc est moins prĂ©sent. Il y a un peu lassitude. Ma maison lĂ -bas est sans eau et ni Ă©lectricitĂ©. Les citernes ne sont remplies que depuis deux ou trois semaines. Avec de lâeau, la vie est dĂ©jĂ misĂ©rable, alors imaginez sans⊠La misĂšre des berbĂšres me prend Ă la gorge. Et lĂ , mon village est Ă moitiĂ© vide. Les jeunes sont partis pour chercher du travail ailleurs. Mes amis sont partis. Il ne reste que des vieux et des bĂ©bĂ©s. Câest agrĂ©able⊠mais on va dire que je dĂ©serte un peu le dĂ©sert.

Ludovic Basque
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15/03/2006 -Â
10/06/2005 -Â
04/03/2005 -Â